Vincent Montoux

Rencontre avec Vincent Montoux, Président du Groupement des Concessionnaires Audi de France…

Réseau social

On a parfois tendance à l’oublier, mais gérer un réseau de distribution est un pilier essentiel pour toute marque désireuse de s’implanter dans un pays. Et de durer.

Cela va faire près de 15 ans que Vincent Montoux est entré chez Audi. Aujourd’hui intégré à la direction des opérations du Groupe Suma, situé idéalement au cœur de l’hexagone, il a un regard forcément aiguisé sur le fonctionnement du réseau et la position d’Audi en France. Il nous fait l’amitié de nous recevoir dans le bureau de la concession Audi « Saône Premium » de Chalon-sur-Saône. « Le groupe Suma est l’un des poids-lourd de la distribution automobile dans le pays, puisqu’il représente pas moins de 7 marques. Il y a eu une vraie montée en puissance en 2008, lorsque Suma a racheté au groupe Guillaumin les marques du groupe Volkswagen, dont Audi. Aujourd’hui, Suma est réparti sur 3 départements clés du centre de la France, avec la Saône-et-Loire, le Rhône et la Nièvre, et emploie plus de 250 collaborateurs ».

Une situation privilégiée qui a sans doute aidée Vincent Montoux à prendre les reines du groupement des concessionnaires du réseau Audi, en devenant leur Président.

« Le groupement des concessionnaires se fait sur les bases du volontariat, par un système d’élection triennales (NDLR : tous les 3 ans), qui va élire 12 représentants pour tout le pays. On fait en sorte qu’il y ait une vraie parité et une bonne représentativité des uns et des autres. Aujourd’hui, à peu près 85% des distributeurs Audi, sur un total de 140 points de vente, adhèrent à ce groupement, ce qui représente près de 90% des volumes écoulés en France. La force de ce groupement est de nous donner une vraie indépendance financière, pour investir dans des actions communes à nos intérêts, pour entretenir la désirabilité de la marque auprès de nos clients ».

Et les défis sont nombreux, plus encore qu’en France qu’ailleurs ! Mais certaines sont directement liés au changement d’époque…

« Aujourd’hui, tout le monde veut du SUV, et notre gamme explose, si bien que nos terminaux ne peuvent plus présenter tous les modèles. Cela implique forcément la mise en espace d’un espace « virtuel ». Mais nous devons aussi, par obligation, soutenir et promouvoir la nouvelle gamme électrique « e-tron », ce qui implique de former nos collaborateurs pour la vente ou l’entretien, mais aussi d’installer, dans chaque concession, au moins une borne de recharge 50 kWh. Et cette tendance n’est pas prête de s’inverser, car en 2026, plus du tiers de nos modèles seront des électriques ! ».

Au-delà de cette révolution du tout électrique, Vincent Montoux avoue une certaine inquiétude face au contexte anxiogène qui frappe l’automobile en Europe, et en France particulièrement.

Vincent Montoux

« D’une part, nous allons devoir gérer le nouveau protocole d’homologation qui arrive, le WLTP 2. Ce changement peut nous priver, comme l’an passé, d’une partie de nos modèles, faute d’homologations accordées dans les temps. Mais bon, l’année dernière, nous avons joué de malchance, car l’arrestation surprise du directeur Rupert Stadler est arrivée au plus mauvais moment, si bien que des décisions importantes n’ont pas pu être prises à temps. Et Audi, traumatisé par le scandale du « diesel gate », veut aujourd’hui être le plus vertueux possible, ce qui fait perdre un peu de temps. Il n’empêche, tout ceci n’aide pas à assurer les ambitieux objectifs de vente que nous sommes tenus de réaliser. Et en France, on ajoute des difficultés supplémentaires avec des taxes décourageantes, notamment le malus écologique, qui plombe littéralement les ventes des modèles sportifs ».

Une évolution des mœurs qui tient plus de la révolution, si bien que Vincent Montoux, lucide, m’avoue sans détour que les métiers liés à l’automobile changent durablement, et profondément. « A moyen terme, qu’allons-nous devenir ? De simples fournisseurs de mobilité avec des solutions « à la carte », de l’autopartage ou de la location à la demande ? ». La question reste entière, et excepté quelques marques artisanales bien marginales, tous les grands constructeurs automobiles se la pose…


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