Audi S4 Avant : Aller toujours de l’Avant !

Depuis le 1er janvier, les malus explosent à hauteur de 20 000 €, au point de condamner toutes les GTI et autres sportives. Pour amortir ce choc fiscal, Audi va de l’avant en convertissant sa gamme « S » au diesel, afin de réduire les rejets de CO2… et les malus qui en découlent !

Par Thomas Riaud, photos Joseph Bonabaud

En bref
Nouvelle Audi S4, en version Avant
Introduction pour la première fois de TDI
Moteur V6 3.0 347 ch – 161 g de CO2/km
Prix : 73 630 € (à partir de, hors malus)

A Bruxelles, on veut éradiquer le diesel, mais les malus sont indexés sur les rejets de CO2… ce qui favorise le diesel ! Audi, moins schizophrène, en profite pour glisser un diesel sous le capot de ses dérivés « S », d’où cette inédite S4 TD

Dire que l’automobiliste français n’a pas de chance est un doux euphémisme… Car on peut dire qu’on cumule ! En plus d’avoir la politique de sécurité routière comptant parmi les plus dures (et imbéciles !) au monde, on écope d’une fiscalité écrasante, et pas seulement au niveau de la TVA ou des carburants. Désormais, dès que vous voudrez acheter en neuf une vraie voiture, avec un peu de chevaux sous le capot, il vous faudra encore verser une obole (en plus de la carte grise !), et qui est loin d’être symbolique ! Celle-ci impacte à hauteur de… 20 000 €, les voitures rejetant plus de 173 g de CO2 au kilomètre. Et même ceux qui roulent modestes, avec une petite cylindrée émettant plus de 110 g, ils devront désormais passer au tiroir-caisse, chaque gramme supplémentaire étant taxé à hauteur de 50 €. Ca fait vite cher le kilo !

En ordre de marche, cette S4 étonne par son punch, digne d’une sportive, mais aussi par sa sonorité, agréable même si elle demeure un peu artificielle…

Corolaire direct de cet impôt qui ne dit pas son nom : les constructeurs tricolores déposent les armes, et se résignent à arrêter purement et simplement de produire les déclinaisons sportives de leurs modèles phares, comme les petites GTI (208 et 308) ou les variantes RS pour Renault (sur Clio et Mégane). Tant pis pour l’image et le plaisir de conduite… Quant à Alpine, la marque de Dieppe anticipe une forte chute des ventes et réduit en conséquence la voilure au niveau de sa production, en passant de 15 à 7 voitures par jour. Et cette fois, tant pis pour le chômage partiel et autres dommages collatéraux pour l’emploi et l’économie ! Face à un tel matraquage, initié au départ par nos chers députés européens (ceux-là même qui sont responsables du Brexit et ne se posent aucune question), et largement amplifié par Bercy, Audi se montre très pragmatique et s’adapte à la situation. Ainsi, les déclinaisons « S », synonyme de sportivité, seront bien toujours proposées en essence, comme c’est le cas depuis une trentaine d’années… mais que pour les USA, le Moyen-Orient et l’Asie !

Et pour le marché européen, en attendant que l’électrification vienne au secours des blocs essence sous la forme de modèles hybrides, c’est le diesel qui assure l’intérim. Pourquoi ? Parce qu’on le veuille on non, question rendement énergétique (et donc consommation), on n’a pas encore fait mieux que les moteurs diesels ! Faut-il y voir une forme de punition ? De notre point de vue pas vraiment, Audi étant passé maître dans l’art de concocter des diesels de caractère depuis quelques années déjà. Pour ceux qui en douteraient, rappelez-vous qu’avant de tomber en disgrâce, c’est bien avec des diesels que la marque aux Anneaux s’est imposée à maintes reprises aux 24 H du Mans ! Désormais, charge à cette nouvelle S4 de perpétuer la tradition, mais sur routes ouvertes…

Cachez ce « TDI » que je ne saurais voir

Extérieurement, la nouvelle S4 TDI joue plus la carte du dynamisme que celle de la sportivité débridée. Car les ailes élargies et la fente intégrée subtilement sous le capot ne sont pas réservées à la S4, puisque ces éléments sont désormais étendus à l’ensemble de la gamme A4 depuis le restylage de cet été. Et depuis que la finition sportive « S Line » se propage largement sur les A4, le territoire stylistique de la S4 se réduit comme peau de chagrin ! Il lui reste cependant une calandre argentée traitée de manière exclusive, mais aussi un bouclier avant à l’aspect plus sportif avec ses entrées d’air majorées, tandis que l’arrière hérite de 4 belles sorties d’échappement. Et il y a ces grosses jantes de 19 pouces, à travers lesquelles on devine de gros étriers rouges. Heureusement qu’il y a ces « signes extérieurs de vitesse », car même les sacro-saintes coques en aluminium brossé qui habillent traditionnellement les rétroviseurs extérieurs ont disparu ! Et ce qui a volontairement disparu également, c’est le sigle « TDI » qui orne habituellement le hayon, sans doute trop honteux pour figurer quelque part sur une Audi à vocation sportive !

L’intérieur, tiré à quatre épingles, séduit par sa présentation chic et sportive. La mollette de la console centrale a, à notre grand regret, disparu, au profit d’un grand écran tactile agrandi, moins intuitif à utiliser.

Sur ce point, elle cache donc bien son jeu, et on reste toujours dans l’ignorance au démarrage, tant les magiciens de chez Audi sport sont parvenus à travailler favorablement la sonorité de leur « mazout », au point de masquer complétement ses origines agricoles ! En prenant place à l’intérieur, rien ne vient trahir la présence d’un diesel sous le capot. Tout est bien à sa place, avec des sièges « sport » en cuir gaufré du plus bel effet, sans oublier des appliques en inox estampillées « S4 » sur les seuils de porte ou des inserts en carbone véritable qui vont des contre-portes au tunnel de transmission. C’est en jetant un coup d’œil au compte-tours que l’on découvre la supercherie, la zone rouge étant située à des altitudes bien plus basses qu’avec un bloc essence ! Pour rester sur l’affichage, outre le cockpit virtuel digital que l’on ne présente plus, il y a désormais un écran « flottant » installé en haut de la console, qui gère toutes les fonctions de confort et d’infodivertissement de la voiture. Cet écran à la résolution parfaite est tactile, mais au-delà du fait qu’il faut détourner son regard de la route pour naviguer dedans, il nous paraît moins pratique et intuitif à utiliser que la bonne vieille molette MMI que l’on avait auparavant.

Pour le reste, cette A4 restylée, inchangée au niveau du gabarit, offre les mêmes cotes habitables que la version précédente. On est dans la moyenne, sans plus, l’A4 n’ayant jamais été une berline particulièrement logeable. C’est encore plus flagrant aux places arrière, la place centrale étroite et inconfortable étant de surcroît sacrifiée par la présence du large tunnel de transmission, indispensable à la transmission intégrale quattro qui est ici bien sûr du voyage. Cette critique vaut aussi pour cette déclinaison break, mais si son coffre se montre un peu plus généreux en offrant 505 dm3 sous la tablette (contre 420 dm3). Clairement, si vous voulez plus d’espace à bord, il faudra aller voir du côté de l’A6, et pour avoir le même moteur, opter pour la S6. C’est justement là où la S4 devient amusante : elle est mécaniquement identique à l’opulente S6, mais elle a les qualités de ses défauts en se montrant plus compacte (4m76) et légère (1855 kg). Donc plus fun !

Des ailes et… diesel

Franchement, une fois lancé sur la route, je défie quiconque de bonne foi de déceler la présence d’un diesel tant ça pousse fort, et en continu. Les watts déboulent en flux continu en très haut débit, et à l’oreille, même si tout cela est bien sûr artificiel (système de sonorisation passant par les enceintes), rien de probant ne vient vous faire croire qu’un mazout officie dans la salle des machines. Et quand je dis que ça pousse, ça pousse, assez pour raccourcir les lignes droites tout en allongeant vos bras à chaque franche accélération ! Il faut dire qu’avec un couple de remorqueur de 700 Nm, soit quelques 200 Nm de plus que l’ancien V6 essence, cette S4 convertie au diesel ne fait pas semblant, en couvrant le 0 à 100 km/h en à peine 4,8 secondes, la vitesse maximale restant bêtement bridée à 250 km/h. Pour la France, c’est déjà largement trop, mais pour l’Allemagne, c’est « petits bras » !

Bon, l’avantage de se traîner permet d’admirer le paysage, et surtout de faire de l’écoconduite, ce qui a pour effet bénéfique de décupler l’autonomie. Un rayon d’action atteignant plus ou moins 700 km, grâce à une consommation moyenne oscillant autour de 9 litres en conduite normale, et à peine 11 litres en roulant fort, ce qui est tout à fait probant pour une voiture alignant une telle écurie. Il faut préciser que ce V6 TDI bénéficie d’une micro-hybridation basée sur un système de 48 V, permettant d’alimenter un compresseur électrique. Ce bijou de hautes technologies supprime ainsi toute inertie, et libère la puissance maximale à seulement 2500 tr/mn. Forcément, la boîte étant toujours prompte à rétrograder au moindre appel du pied, surtout en mode « Dynamic », on a tendance à en abuser, et ce d’autant plus que le châssis équilibré et la rigueur de l’amortissement permettent de « rouler fort » en toute quiétude. L’effet « quattro » n’y est bien sûr pas étranger… Mais là où le diesel marque le pas face à l’essence, c’est au niveau des plages d’utilisation, naturellement bien plus courtes. On ne peut pas tout avoir…

L’avis d’Avus

Depuis 1997, date de naissance de la S4, Audi avait jusqu’à présent alterné pour le plus grand bonheur des amoureux d’automobile entre des V6 et V8 essence. Mais les pisse-froids-écolos de l’Union Européenne ont sifflé la fin de la partie, si bien qu’il nous faudra désormais faire contre fortune bon cœur, en acceptant de passer au diesel. Si les raisons avancées sont objectivement consternantes, force est de reconnaître qu’Audi s’en sort plus qu’avec les honneurs. Cette S4 TDI, à savourer bien sûr également en berline, n’offre pas la même saveur que feu les anciennes versions essence qui garderont, à juste titre, la préférence des passionnés, mais elle se pose en véritable alternative, tout en apportant une dimension nouvelle : une relative sobriété !

Caractéristiques techniques Audi A1 Citycarver 25 TFSI

  • Moteur : 6 cylindres en V, TDI, 2967 cm3, 24v
  • Puissance maxi (ch à tr/mn) : 347 à 3850
  • Couple maxi (Nm à tr/mn) : 700 à 2500
  • Transmission : aux 4 roues (quattro avec Torsen), boîte Tiptronic à 8 rapports
  • Freins : Disques ventilés, étriers à 4 pistons (AV et AR)
  • Dimensions L x l x h (m) : 4,76/1,84/1,43
  • Poids (kg) : 1855
  • Volume du coffre (litres) : 505
  • Pneus AV/AR : 245/40 R 18
  • Vitesse maxi (km/h) : 250
  • 0 à 100 km/h (sec) : 4,8
  • Émissions CO2 (g/km) : 161 avant
  • Boîte : bvm 6 ou S tronic 7
  • L x l x h (en m) : 4,04 x 1,76 x 1,46
  • Pneumatiques : 195/55 R 16 (AV et AR)
  • Poids à vide (kg) : 1090
  • Volume du coffre (dm3) : 335
  • 0 à 100 km/h (sec) : 10,8
  • Vitesse maxi (km/h) : 191

On aime

  • Agrément de conduite préservé
  • Performances de haut niveau
  • Finition, présentation
  • Sobriété, autonomie
  • Homognénéité

On aime moins

  • Places arrière centrale sacrifiée
  • Sportivité moindre qu’ancienne S4 TFSI
  • Malus encore décourageant…

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