Audi A6 Allroad 2020

L’aventure en première classe

On peut avoir un certain penchant pour la baroude et rester soucieux de son confort et de son apparence ! Telle est la difficile équation à laquelle répond avec brio l’A6 Allroad depuis 20 ans maintenant. Venez découvrir cette 4ème génération, totalement inédite sur la forme, mais heureusement fidèle à ses belles valeurs…

Texte et photos Thomas Riaud

En bref
4ème génération d’A6 Allroad
Micro-hybridation 48V sur les 3 diesels proposés
Puissance de 231 ch (45 TDI), 286 ch (50 TDI) et 349 ch (55 TDI)
A partir de 64 960 €, variante représentant 60% des ventes d’A6 Avant

Audi A6 Allroad
L’Audi drive select, permettant de paramétrer la conduite de la voiture, offre un mode tout-terrain supplémentaire, permettant à l’Allroad de s’aventurer efficacement dans les chemins creux.

Avant, les choses étaient simples : il y avait les 4×4, forcément purs et durs, et les voitures « normales ». Et puis un certain Range Rover est arrivé, en 1970, en brouillant sérieusement les pistes puisqu’il combinait, pour la première fois, des aptitudes exceptionnelles en tout-terrain, au confort et aux performances d’une berline. Un genre depuis maintes et maintes fois copié (mais rarement égalé !), auquel on peut ajouter une autre catégorie : les breaks tout-chemins. Ils se font rares, et sur ce segment initié par Volvo en 1997 avec le Cross Country, Audi fait désormais figure de poids-lourd, puisque le constructeur aux Anneaux occupe ce terrain depuis 20 ans maintenant ! Entre la première A6 Allroad lancée en 1999 et cette 4ème et ultime mouture, le concept reste fidèle aux origines : offrir de vraies aptitudes en hors-piste, tout en préservant une certaine classe et sobriété. Et comme d’habitude, c’est sur la base de son grand break A6 Avant qu’Audi a travaillé pour proposer ce nouvel Allroad.

« Entre la première A6 Allroad lancée en 1999 et cette 4ème et ultime mouture, le concept reste fidèle aux origines »

On trouvait (comme ses prédécesseurs !) le dernier A6 Avant très beau, et on trouve cet A6 Allroad vraiment très, très beau ! En fait, la panoplie de baroudeur endossée par ce grand break (4m95), au final bien plus discrète qu’un classique SUV, permet de sublimer sa ligne élancée. Par rapport à une classique version routière, la garde au sol est logiquement un peu plus haute, et celle-ci peut même proposer une variation de 60 mm selon les conditions. Elle peut carrément, dans la limite de 80 km/h, culminer à plus de 20 cm grâce au travail effectué par la suspension pneumatique adaptative livrée de série, lorsque l’on bascule en « off road », un mode approprié spécifique à cette version. Et comme sur toute Allroad qui se respecte, on retrouve des élargisseurs d’ailes en plastique noir (pouvant être peints), utiles pour protéger les passages de roue, mais aussi des boucliers redessinés, qui intègrent des sabots protecteurs, à vrai dire plus efficace pour flatter la rétine que pour véritablement protéger les soubassements. Afin de marquer sa différence et de s’approcher au plus près de la famille « Q » qui regroupe tous les SUV Audi, la large calandre Single frame adopte désormais d’épaisses barrettes verticales. Celles-ci sont, de série, chromées, mais elles peuvent devenir intégralement noires, à l’instar d’ailleurs des entourages de vitres et du reste de l’accastillage de la voiture. Forcément, on remarque moins dans cette dernière configuration l’exclusivité de la calandre, mais en contrepartie, la voiture gagne en agressivité.

Audi A6 Allroad profil
Cela fait 20 ans désormais que l’élitiste A6 Allroad promène sa silhouette discrète et altière sur les pistes du monde. Cette 4ème génération creuse un peu plus le sillon de ses ancêtres !

Enfin, pour en finir avec les présentations, précisons qu’à l’instar de ses prédécesseurs, ce break cultive une certaine idée de l’excellence. La gamme se limite ainsi volontairement à de suaves 6 cylindres (3.0 TDI 231, 286 et 349 ch et V6 3.0 TFSI 340 ch), etelle est par ailleurs réduite à 3 finitions, toutes particulièrement bien loties. C’est déjà le cas de l’entrée de gamme « Allroad » (suspension pneumatique, clim auto bizone, phares full LED, radars de stationnement avant et arrière avec caméra de recul, démarrage sans clé, hifi avec 10 HP, jantes alu de 18’’, sellerie simili cuir-tissu…), facturé à partir de 64 960 €. Mais l’exécution intermédiaire « Avus » en rajoute une bonne couche (à partir de 76 660 €), en gagnant des équipements d’après nous essentiels à ce niveau de standing comme des jantes alu de 19’’, une sellerie cuir, des sièges avant électriques, la recharge du portable par induction, les phares intelligents Matrix LED ou encore le « pack assistance pour la ville » (City Pack), comprenant l’assistant de croisement, l’avertisseur de changement de file, le système de précollision arrière…

Quant au super haut de gamme « Avus Extended » (dès 86 960 €) de notre modèle d’essai, il concentre tout ce que l’on peut trouver sur une auto de luxe, avec des jantes de 20 pouces, un toit ouvrant panoramique, une clim quadrizones, une sellerie en cuir étendu, la hifi Bang &Olufsen, des sièges à mémoires individuelles et le pack assistant de route autorisant une conduite semi-autonome (régulateur adaptatif, aide au maintien dans la voie, reconnaissance auto des panneaux…). Vous l’aurez compris, entre chaque niveau de finition, il y a quasiment 10 000 € d’écart : le prix d’une Dacia Sandero !

On the (All) road again

Malgré cette débauche d’équipements, en prenant place à l’intérieur, on est à la fois séduit et déçu. Séduit, parce qu’à l’instar des dernières A6, cette variante Allroad est effectivement passée à l’ère numérique, et a fait le ménage dans son cockpit, en passant au tout digital. Il n’y a quasiment plus de boutons physiques, les écrans tactiles à retour haptique, très intuitifs à utiliser, prenant le pouvoir. Quant au luxe affiché, ou la rigueur de la finition, il n’y a rien à dire si ce n’est que tout est impeccablement ajusté et parfaitement à sa place. Espérons seulement que toute cette débauche d’électronique embarquée qui pilote toutes les fonctions essentielles à la conduite et au confort vieillisse bien, car en cas de dysfonctionnement, la voiture devient « juste » inconduisible.

« Il aurait été souhaitable qu’Audi fasse preuve d’un peu d’imagination pour en faire une vraie voiture à vivre »

Mais là où nous sommes déçus, c’est que contrairement à l’extérieur, qui offre un vrai surplus d’exclusivité par rapport à un classique break A6, cet intérieur n’apporte finalement rien de plus, en étant strictement identique. Certes, il y a bien à l’ouverture des portes un seuil estampillé « Allroad », cette inscription magique étant par ailleurs projeté au sol par une lumière dissimulée dans le bas des rétroviseurs. Mais on aurait aimé trouver des sièges spécifiques, chics mais typés « baroudeur » avec de grosses surpiqûres, mais aussi des tapis de sol spécifiques plus résistants aux salissures, des marquages « Allroad » sur la planche de bord et même, soyons fous, un inclinomètre avec boussole intégrée. Et si l’habitabilité ne souffre d’aucune critique, excepté la place centrale arrière qui reste trop étroite et inconfortable, il aurait été souhaitable qu’Audi fasse preuve d’un peu plus d’imagination pour en faire une vraie voiture à vivre, en intégrant par exemple à l’instar du Q5 une banquette fractionnable coulissante pour gagner en modularité. Heureusement, côté coffre, ce break A6 justifie son encombrement en offrant un beau volume, de l’ordre de 565 litres banquette en place et jusqu’à 1680 litres en « break ».

Audi A6 Allroad en action
Convaincante dans la pampa, l’A6 Allroad l’est encore plus sur route, en offrant un agrément de conduite supérieur à celui d’un SUV grâce à un dynamisme accru. Le meilleur des 2 mondes !

L’excellent V6 3.0 TFSI de 340 ch, seul bloc essence disponible, étant d’emblée condamné par notre fiscalité confiscatoire à jouer les arlésiennes, nous avons jeter notre dévolu sur le gros 3.0 TDIdéveloppant349 ch (55 TDI). Faut-il le regretter ? Oh que non !L’essayer, c’est l’adopter ! Outre une réelle discrétion à bas-régime, faisant oublier les origines « agricoles » de ce V6, il se permet même de distiller une agréable mélodie en montant en cadence. Et grâce à son couple généreux de 700 Nm dès 2500 tr/mn, et à la fluidité de la boîte Tiptronic à 8 rapports, il dispense de franches accélérations malgré un poids conséquent approchant les 2 tonnes (0 à 100 km/h en 5,2 sec), ce caractère volontaire participant beaucoup au plaisir de conduite. Evidemment, faut-il le préciser, la transmission intégrale quattro est livrée de série, autorisant une conduite autant rapide que sécurisante.

Sans pour autant plomber la consommation moyenne, celle-ci tournant en moyenne autour des 9,0 l/100 km, ce qui est remarquable rapporté au poids de la voiture et à sa puissance réelle, d’ailleurs lourdement sanctionnée par notre fiscalité (23 CV). Cet exploit, on le doit à la micro-hybridation 48 V, jumelée à d’autres dispositifs comme le mode « roue libre », ou l’abaissement automatique de la hauteur de caisse à vive allure, un ensemble de mesures visiblement efficaces. Et tant pour gagner en agilité qu’en « manoeuvrabilité » dans les parkings étroits, nous ne saurions vous recommander de sélectionner les roues arrière directrices optionnelles. Royale sur route et autoroute, cette Allroad autant dynamique que confortable fait par ailleurs honneur à son appellation, en donnant pleinement satisfaction en hors-piste. Parce que nous ne doutons de rien à Avus, nous avons osé traîner dans la boue ce break huppé, et vous savez quoi ? Il a adoré !

Audi A6 Allroad volant

L’avis d’Avus

Il ne fait aucun doute que ce grand break à la polyvalence accrue se pose comme une alternative crédible face aux SUV premiums, plus classiques d’aspect et souvent ostentatoires. Dommage qu’Audi n’ait pas plus soigné la modularité mais aussi les tarifs, ceux de cette déclinaison Allroad restant résolument élitistes, notre modèle d’essai s’affichant à près de90 000 € hors malus. La greffe d’un moteur 4 cylindres et l’ajout d’une finition à la dotation moins riche pourrait l’y aider. Une alchimie convaincante réservée pour l’heure à la petite sœur A4 Allroad…

Audi A6 Allroad interieur
L’intérieur, aussi chic que « techno » avec ses nombreux écrans tactiles, brille par sa présentation. Seul bémol : il est calqué sur l’A6 Avant « normale » et il manque de modularité.

Fiche Technique
Audi A6 Allroad 55 TDI

  • Moteur : 6 cylindres en V, TDI, 2967 cm3, 24v
  • Puissance maxi (ch à tr/mn) : 349 à 3850
  • Couple maxi (Nm à tr/mn) : 700 à 2500
  • Transmission : aux 4 roues (quattro avec Torsen), boîte Tiptronic à 8 rapports
  • Freins : Disques ventilés, étriers à 4 pistons (AV et AR)
  • Dimensions L x l x h (m) : 4,95/1,90/1,49
  • Poids (kg) : 2010
  • Volume du coffre (litres) : 565 (1680 en break)
  • Pneus AV/AR : 235/55 R 18
  • Vitesse maxi (km/h) : 250
  • 0 à 100 km/h (sec) : 5,2
  • Émissions CO2 (g/km) : 168

Les plus

  • Look spécifique chic et sobre
  • Finition et dotation
  • Agrément de conduite
  • Polyvalence accrue

Les moins

  • Tarifs élitistes
  • Intérieur sans exclusivité
  • Encombrement-poids
  • Modularité basique

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