Audi 200 turbo quattro 10v 1988 : Simply the best

A la fin des années 80, pour qui voulait voyager vite et loin, en toute sécurité, l’ambitieuse Audi 200 équipée du quattro et du moteur turbo se posait en évidence. Elle offrait le meilleur de son époque, tout simplement…

En bref
Seconde génération d’Audi 200
Proposée exclusivement qu’avec un turbo, en diesel et essence
Moteurs : essence 5 cyl. 10v, puis 20v empruntés à l’Ur quattro
Variante proposée en berline et en break Avant

La première Audi 100 lancée à la fin des années 60 (1968), conçue dans la plus grande discrétion au nez et à la barbe des dirigeants de Volkswagen, a permis à Audi de gagner en autonomie en s’affranchissant, partiellement, de la tutelle pesante du géant de Wolfsburg. Mais malgré d’indéniables qualités, la première 100 restait une auto relativement conventionnelle, pas aussi luxueuse qu’une Mercedes, et pas autant dynamique qu’une BMW. En 1982, Audi remet progressivement les pendules à l’heure, en lançant une troisième génération d’Audi 100 (la seconde ayant été commercialisée en 1976). Cette fois, on assiste à une vraie rupture, le style étant au moins autant avant-gardiste que celui de la Citroën CX. La première Audi 100 lancée à la fin des années 60 (1968), conçue dans la plus grande discrétion au nez et à la barbe des dirigeants de Volkswagen, a permis à Audi de gagner en autonomie en s’affranchissant, partiellement, de la tutelle pesante du géant de Wolfsburg. Mais malgré d’indéniables qualités, la première 100 restait une auto relativement conventionnelle, pas aussi luxueuse qu’une Mercedes, et pas autant dynamique qu’une BMW. En 1982, Audi remet progressivement les pendules à l’heure, en lançant une troisième génération d’Audi 100 (la seconde ayant été commercialisée en 1976). Cette fois, on assiste à une vraie rupture, le style étant au moins autant avant-gardiste que celui de la Citroën CX.

Mais dans un tout autre registre, la nouvelle Audi 100 ne s’appuyant sur rien de connu, en étrennant une carrosserie trois volumes aux formes modernes incroyablement aérodynamiques. Elue « voiture de l’année », cette berline statutaire au style fluide et élégant (déclinée en break Avant), se distingue en effet par un Cx record (coefficient de pénétration dans l’air), lui autorisant des vitesses respectables avec des blocs modestes, et ce, sans trop consommer. Imaginez alors la même voiture, équipée du quattro et dotée de gros moteurs ! C’est ce que va faire Audi dès juin 1983, en ajoutant à son catalogue une « 200 » de seconde génération. A première vue, elle semble jumelle avec la « petite » 100. Mais les apparences sont trompeuses…

L’intérieur, valorisant mais franchement austère, se veut être d’abord fonctionnel plutôt que cosy. C’est une allemande !

Une super 100 !

Si la 200 cultive en effet un lien de parenté évident avec la 100, en adoptant quasiment le même design, elle est pourtant sensiblement différente. Un peu plus longue encore (4m82 contre 4m79), la 200 fait immédiatement forte impression avec ses gros boucliers faits pour séduire aussi le client américain. La face avant, un peu moins inclinée que sur la 100, est entièrement cerclée d’un discret liseré chromé, tandis que l’arrière reçoit, sur toute la largeur, un bandeau qui prolonge élégamment les feux, à la manière d’une Porsche Carrera. Enfin, de profil, la 200 se distingue par l’adoption de baguettes un peu moins épaisses que sur la 100, ce qui affine la silhouette, tandis qu’en fin de carrière, le sommet des passages de roue redevient circulaire, en épousant la forme de la roue.

Des roues imposantes pour l’époque (215/60 ZR 15), équipées comme il se doit des belles jantes en alliage spécifiques, afin d’être à la hauteur du standing de cette voiture. Proposée naturellement en berline, l’Audi 200 est dès le lancement également déclinée, comme la 100, en version break Avant. Avec seulement 550 kg de charge utile, on est loin de la capacité d’emport d’un break Volvo ou Mercedes de l’époque, mais cette Audi fait le choix assumé de privilégier d’abord le style et l’élégance. Des fondamentaux, toujours en vigueur de nos jours sur les breaks Audi !

Positionné haut de gamme, cette « super-100 » propose la transmission intégrale permanente quattro en option, mais contrairement à sa petite sœur, plus populaire, elle reçoit d’emblée les plus gros moteurs disponibles. La gamme débute donc avec un 5 cylindres 2.2 turbo 10v de 182 ch, qui doit beaucoup à l’Ur quattro. Grâce à son aérodynamisme, la 200 atteint sans forcer les 230 km/h chrono, ce qui en fait l’une des berlines de série les plus rapides du monde ! A partir de 1988, année de sortie du sublime modèle qui illustre ces pages (et de la nouvelle Audi V8 qui préfigure l’A8 !), la 200 reçoit enfin le quattro en série, tandis que le 2.2, repensé de fond en comble, affiche 200 ch. Le meilleur est pourtant à venir avec l’introduction, en 1990, de la surpuissante 200 20v quattro, qui avec 10 soupapes de plus délivre désormais 200 ch. De quoi la propulser désormais à plus de 240 km/h… et au Panthéon de l’automobile, en étant la grande routière la sûre et rapide de son époque. L’Audi 200 termine ainsi sa carrière en beauté et tire, en 1991, sa révérence, en même temps qu’une autre légende : l’Ur quattro.

Comme sur des rails

Soyons honnête : l’habitacle de cette allemande est aux antipodes du salon cosy offert par une Jaguar XJ de l’époque. Ici, tout est aussi gai qu’un bureau de notre administration fiscale, et en voyant cet intérieur austère à souhait, notre regretté Johnny chanterait « noir c’est noir ». Du tableau de bord, raide comme la justice, aux divers habillages, tout est sombre, tandis que la sellerie en cuir revêt un gris aussi lumineux qu’un ciel écossais en hivers. C’est clair que l’on n’achetait pas une Audi 200 pour la fanfaronnade. Mais cette rigueur, pleinement assumée, est justifiée dans la mesure où cette grande berline à l’équipement complet privilégie la qualité, la fonctionnalité et l’ergonomie. Trente ans après sa sortie, force est de constater que rien n’a bougé et quel notre modèle d’essai, entretenu il est vrai amoureusement par son propriétaire, est frais comme au premier jour.

Il en va de même de la mécanique, qui ronronne discrètement sous le long capot. Bien qu’équipée encore du 2.2 10v des débuts, ne délivrant « que » 182ch, notre imposante berline n’est pourtant nullement à la peine. Une prouesse que l’on doit à un poids contenu, limité à seulement 1410 kg avec la transmission quattro (système Torsen), les versions traction avant étant plus légères d’un bon quintal (1300 kg). Le tout sans construction allégée s’il-vous-plaît. Pour bien poser le débat, sachez qu’un petit Q2 diesel quattro frôle aujourd’hui les… 1500 kg ! Evidemment, avec une bonne « aéro » et peu de poids à emmener, le 5 cylindres respire à pleins poumons, sans effort. Les relances sont vives (0 à 100 km/h en 8 sec environ), et au-delà des 3500 tr/mn, le « 5 pattes », bien aidé par le turbo, surprend par sa belle vigueur, et ce, jusqu’à 7000 tr/mn. Le tout en entonnant une jolie musique dont on ne se lasse pas.

Si les 260 km/h affichés par le compteur sont quelque peu optimistes, cette 200 turbo est néanmoins suffisamment bien motorisée par atteindre les 230 km/h, une valeur digne d’une sportive en 1988, qui fait toujours autorité 30 ans plus tard. Mais ce que les chiffres ne disent pas, c’est la facilité de conduite dont fait preuve cette grande routière. La direction assistée est bien calibrée, le guidage de la boîte de vitesses manuelle à 5 rapports facile à cerner et le comportement demeure souverain, même à bonne allure dans les virages.

En roulant à « bon train » devrais-je dire, la 200 turbo file silencieusement comme sur des rails, bien aidée par la transmission quattro qui ne tolère aucun débordement de puissance, ni la moindre amorce de patinage. L’auto demeure impériale, et séduit incontestablement par son efficacité. A l’époque, seule la fameuse Citroën CX citée plus haut aurait pu suivre cette cadence, mais grâce à d’autres technologies très différentes, bien que tout aussi novatrices. Mais contrairement à la CX, qui donne parfois l’impression désagréable de survoler la route en étant montée sur coussin d’huile au point parfois de ne plus rien sentir, la 200 reste, elle, au contraire, toujours en contact avec son environnement… et seulement parce qu’elle a le quattro. Voilà qui est plus rassurant pour les passagers… et plaisant pour le conducteur !

Pour promouvoir le système quattro de la berline 100, qui équipe de série la 200, Audi a fait très fort avec cette publicité restée dans les mémoires… même s’il y avait un gros trucage !

L’avis d’Avus

L’année 1991 sera charnière pour Audi, qui poussera conjointement à la retraite sa mythique Ur quattro 20v et cette mémorable 200 turbo, animée par le même moteur. La fin d’une époque, puisque le rondouillard coupé Audi succèdera à l’Ur quattro, tandis qu’une quatrième et ultime génération de 100 lancée en 1990 assurera le gros des ventes sur le segment des grandes routières, l’inédite V8 venant coiffer la gamme. Cette dernière 100 sera une autre auto à succès qui sera remplacée, en 1994, par une certaine A6. Le début d’une autre aventure…

Comme sur certaines Porsche 911, la 200 a droit à un bandeau cristallin du plus bel effet qui prolonge les feux. Un effet stylistique qui sera repris en 1994 sur la RS2.


Caractéristiques techniques : Audi 200 turbo 10v 182 ch quattro

  • Moteur 5 cyl. turbo à injection, 2144 cm3
  • Puissance (ch à tr/mn) 182 à 5700
  • Couple (Nm à tr/mn) 252 à 3600
  • Transmission aux 4 roues (quattro)
  • Boîte boîte mécanique à 5 vitesses
  • Freins 4 disques (ventilés à l’avant)
  • Pneumatiques (AV/AR) 215/60 ZR 15
  • L x l x h (m) 4,82 x 1,81 x 1,42
  • Réservoir (litres) 80
  • Poids à vide (kg) 1410
  • 0 à 100 km/h (sec) 8,0 environ
  • Vitesse maxi (km/h) 230
  • Cote 2018 (en parfait état) 5000 €

On aime

  • Symbole d’une époque
  • Agrément de conduite
  • Qualité de construction
  • Efficacité de l’ensemble
  • Prix d’achat attractif

On aime moins

  • Rare en bel état d’origine
  • Souvent usées jusqu’à la corde
  • Pièces spécifiques introuvables
  • Image encore floue en collection (sauf 20v)

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2 commentaires

  1. Heral Répondre

    Une bien belle voiture que celle d Yves, dommage qu il y ai tant d erreur .

    La 200 n a existé en diesel qu à l’ état de prototype.
    Par contre une version atmosphérique essence a bien existé sur les premiers millésime , principalement pour le marcher allemand

    A la mis 88 (juste après ce model) il y a eu un restylage, avec modification de l intérieur et des poignées de porte, la puissance est passé a 200cv en restant en 10 soupapes(type moteur 1b) avec une modification de cylindrée la portant à 2226cm3 qui a aussi bien été vendue en 2rm qu’ en quattro.C est a cette occasion que le torsen a été introduit , avant il y avait des blocages manuels.

    La puissance de la 200 20v est de 220cv.

    La monte pneumatique d une 200 10v est le 205 60 15.

    La 200 d Yves , bien que très belle ,ne possède pas ses jantes d origine( ce sont des jantes un peu plus modernes) et son bandeau arrière normalement rouge et orange a été remplacé par un model d ‘audi v8 tout rouge.
    Si vous avez besoin d une personne pour faire des relectures pour des articles au sujet de cette génération d auto, je suis votre homme.

  2. Dumont Répondre

    Je vois que Monsieur Héral est un connaisseur. il aurait probablement pu ajouter qu’en plus de ces petites entorses à l’origine, il y’a aussi à noter le lettrage des caractéristiques du modèle sur la malle de coffre qui proviennent d’un modèle post 1988! 😉

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