Audi A3, Itinéraire d’une surdouée

A l’occasion de la présentation de la 4ème et ultime génération d’A3, Avus revient sur la formidable histoire de cette berline compacte. C’est une vraie surdouée, au point de détrôner au chapitre de la qualité l’indéboulonnable Volkswagen Golf. Tout un symbole !

1996 – 2003 (A3 « 8L »)

Au milieu des années 90, la Golf en est à sa troisième génération et semble déjà intouchable, distançant largement les Renault Mégane (première génération), Peugeot 306 et autres Fiat Bravo de l’époque. Seul BMW se distingue sur ce segment dans le premium avec sa Série 3 compacte, sauf que celle-ci, avec son arrière tronqué, est taxée de « Série 3 du pauvre », ce qui lui porte préjudice. C’est dans ce contexte que Ferdinand Piëch, passé maître dans l’art de la cuisine interne du groupe Volkswagen en multipliant les synergies entre les marques, va se débrouiller pour donner à Audi une berline compacte haut de gamme, à moindre frais. Ainsi, Piëch va attribuer à Audi la plateforme de la Golf 3 de l’époque (PQ 34), mais aussi la plupart de ses moteurs et transmissions. Présentée fin 1996, uniquement en carrosserie 3 portes, la petite A3 (type 8L) séduit d’emblée par son style de petite A4 à hayon, mais aussi par sa finition surclassant ses rivales. Depuis son retrait en 1978 sur le segment des citadines avec la 50, Audi fait un retour fracassant parmi les « petites voitures » (4m15). Si de petits moteurs sont disponibles pour la rendre le plus abordable possible (1.6 101 ch, 1.9 TDI 90 ch…), l’A3 a vraiment « tout d’une grande » en proposant aussi de puissants blocs, comme le 1.9 TDI de 130 ch qui fera longtemps autorité, mais aussi la sportive S3 lancée en 1999 (de 210 à 225 ch), utilisant 5 soupapes par cylindre ainsi que la transmission intégrale quattro (Haldex). Enfin, cette première génération va surtout exploser au niveau des ventes à partir de cette même année, en gagnant une carrosserie 5 portes plus pratique (Sportback), proposée avec de nombreux moteurs.

2003 – 2012 (A3 « 8B »)

Fort du carton commercial de la première A3, qui a permis à Audi de conquérir de nombreux clients, le constructeur remet naturellement le couvert en dévoilant une seconde génération en mars 2003, au salon de Genève. Plutôt de que repenser intégralement la voiture, Audi se contente de la moderniser juste comme il faut, en 3 portes comme en 5 portes Sportback. Outre ce style plus actuel, signé Walter De Silva, patron du design Audi de l’époque (à qui l’on doit le chef d’œuvre A5 Coupé !), la voiture est plus nouvelle qu’il n’y paraît en reposant sur une plateforme inédite. Comme la génération précédente, elle n’a droit qu’à des 4 cylindres transversaux, mais la plupart est également modernisée. Outre des blocs inédits utilisant la technologie FSI (Fuel Stratified Injection), cette A3 de type 8B muscle par ailleurs son jeu en recevant des blocs plus puissants. La S3 est toujours fidèle au poste, mais elle délivre désormais 265 ch, tandis qu’une noble version V6 3.2 de 250 ch fait son entrée. Mais il y a encore mieux, avec l’incroyable RS3 (2011), proposée qu’en Sportback, avec le fabuleux 5 cylindres 2.5 turbo de 340 ch du TT de l’époque. Evidemment, le quattro est ici de rigueur. Par ailleurs, quelques options inédites pour la catégorie font leur apparition (Magnetic Ride, Park Assist ou boîte S tronic à 7 rapports…), et l’A3 ose même se découvrir, en une très chic version cabriolet à toile souple. De quoi permettre à l’A3 de toiser, définitivement, ses rivales…

2012 – 2020 (A3 « 8V »)

Le lancement réussi de la citadine A1 en 2010 donne une autre stature à l’A3, qui en profite pour sérieusement dynamiser sa ligne à travers cette 3ème génération (type 8V). Elle hérite de la toute nouvelle plateforme MQB du groupe Volkswagen, plus légère et rigide, et grille la politesse à la Golf de l’époque (Golf 7), en étant présentée et commercialisée avant (printemps 2012). Bien que toujours déclinée en 3 et 5 portes, cette mouture gagne une inédite carrosserie berline 3 volumes très élégante (Sport Limousine), qui prête ses traits à un cabriolet à la ligne autant élancée que classique avec sa capote souple électrique. De tous nouveaux moteurs font leur entrée, y compris une avant-gardiste version hybride rechargeable baptisée « e-tron » (204 ch en cumulée). D’ailleurs, pour rester à la pointe de l’innovation, cette A3 dispose, pour la première fois, du célèbre cockpit virtuel, ces compteurs numériques paramétrables. Et pour séduire les amoureux de belles mécaniques, il reste bien sûr les versions sportives… Avec 300 ch, la S3 n’amuse pas le terrain, mais à partir de mars 2015, la volcanique RS3 est reconduite, en variantes Sportback et berline. Cette fois, son fabuleux 5 cylindres 2.5 turbo développe pas moins de 367 ch, et même 400 ch depuis 2016, ce qui en fait un record à l’époque pour la catégorie… Désormais, charge au 4ème opus d’A3 de creuser un peu plus le sillon de ses devancières. Que vaut-elle ? Premiers éléments de réponse à travers notre premier essai !

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