Rencontre : Marc Lichte, un design nommé désir…

Difficile de succéder à un designer aussi charismatique et talentueux que Walter de Silva. C’est le défi relevé depuis début 2014 par Marc Lichte, et ses réflexions et travaux commencent enfin à se voir, à travers ses dernières créations : les nouvelles A7 et A8. Rencontre avec le maître…

  •  Marc Lichte bonjour, pouvez-vous présenter brièvement votre parcours à nos lecteurs ?

J’ai eu la chance durant mes études au département « design des transports », à l’université des sciences appliquées de Pforzheim, d’intégrer, en alternance, le bureau de style de Volkswagen. Cela s’est tellement bien passé que j’ai pu ensuite débuter ma carrière chez le constructeur. A partir de 1996, je me suis retrouvé en charge du style extérieur de la Golf V. J’ai ensuite enchainé sur les générations suivants (VI et VII), et j’ai œuvré sur la Passat de l’époque, mais aussi sur le Touareg et même la très récente Arteon, qui vient juste de sortir. Et depuis février 2014, j’ai l’honneur et la chance de présider le style d’Audi. Le concept Prologue dévoilé en novembre 2014, puis le concept Q8 présenté en janvier 2017, donnent des renseignements très précis sur l’avenir du style Audi.

  • N’est-ce pas trop compliqué de concilier tradition et modernité ?

C’est tout l’enjeu de mon travail et de mes équipes ! Il ne s’agit surtout pas de rayer d’un coup de plume le formidable travail effectué par mon prédécesseur. Walter de Silva a posé quelques jalons très importants, comme la calandre singleframe en 2004 (NDLR : sur l’A6 Type C6), et je dois m’appuyer sur ce passé. Je crois que la nouvelle A8, que vous avez pu fraîchement découvrir, est bien à la croisée de tout ceci. Et comme vous pouvez le constater, elle puise bien son inspiration dans le concept Prologue, et ce renouveau se retrouvera jusque sur la future A1 !

« Je dois m’appuyer sur le travail de mon prédécesseur pour dessiner les prochaines Audi »

  • La fameuse calandre singleframe reste donc un élément clé dans le design Audi ?

Marc Lichte : Oui, c’est sur elle que repose l’identité de nos voitures. Elle est aujourd’hui emblématique car elle permet d’identifier, partout dans le monde, à coup sûr une Audi. La calandre permet de connecter avec précision tous les éléments qui donnent à une voiture sa personnalité (capot, phares, bouclier, entrées d’air…). Et je travaille en ce moment sur une 3ème évolution de cette calandre, qui va tendre vers plus de sportivité.

  • Quel sera le premier modèle à en bénéficier ?

Ce sera la nouvelle A7 Sportback, que vous allez découvrir tout à l’heure (NDRL : cette interview a été réalisée à quelques heures de la présentation mondiale, en avant-première, de l’A7). Vous verrez que sa calandre est plus large et basse, et dépourvue de chrome pour incarner cette sportivité. La nouvelle A8, plus statutaire, fière et altière avec ses grandes entrées d’air, bénéficie au contraire de pièces chromées. Quant à la future A6, elle se situera à la croisée de ces deux modèles…

  • L’arrière évolue fortement lui aussi, peut-être de manière encore plus spectaculaire que l’avant ?

Oui, en effet, en jouant essentiellement sur un thème très horizontale, pour bien « poser » la voiture. Et là encore, les touches de chrome ont leur importance. L’A8 a droit à un large bandeau chromé, absent sur l’A7, qui est bien plus dynamique d’aspect. La prochaine A6 aura quant à elle un fin jonc chromé, juste ce qu’il faut pour souligner son côté statutaire. Et bien sûr, les signatures lumineuses de chaque modèle seront différentes.

  • Vous voulez dire qu’il n’y aura plus de risque de confusion possible, à l’avenir, entre la face avant d’une A4 et d’une A5, ou d’une A6 et d’une A7 ?

Non, en effet, désormais chaque modèle devra avoir sa propre identité, même si un esprit de famille subsiste. Il s’agit également de bien dissocier les familles « A » (berlines et breaks) des « Q » (SUV) et des « R » (sportives), mais aussi de distinguer au premier coup d’œil les dérivés sportifs.

  • Cette stratégie va donc s’appliquer également pour les SUV ?

Mais c’est déjà le cas ! Ici, la calandre n’est pas plus basse, large et hexagonale, mais au contraire octogonale et plus haute, avec des barrettes verticales. Ce trait stylistique concerne d’ailleurs les variantes Allroad proposées sur les A4 et A6. Mais les versions sportives doivent bénéficier d’une calandre spécifique, jouant là encore sur l’horizontalité. C’est le cas sur le récent SQ7, et vous verrez que cela concernera aussi le futur Q8 Sport que vous découvrirez l’an prochain…

Toute future Audi prend d’abord naissance, comme jadis, sur une planche à dessin. Marc Lichte promet de grands changements, y compris sur la prochaine A1 (qui ne sera qu’en 5 portes), et son Audi préférée est… la prochaine !

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