Audi 80 GL Variant, 1976, Estate… pour esthètes

Chez nos amis anglais, un break est désigné sous le nom « d’estate ». C’est pourtant sous le nom de « Variant » que ce sublime exemplaire a été commercialisé en Grande Bretagne, à la fin des années 70. Une véritable rareté cet « estate », à réserver aux esthètes !

En bref
Version « Variant » de l’Audi 80
Variante break réservée à l’Angleterre
Moteur : 1.6 de 85 ch, finition GL
Vendue en France sous le nom de VW Passat

La « 80 », c’est une berline petite par la taille, mais immense par le talent ! Et le client ne s’y est pas trompé… Lancée en 1972, juste avant le choc pétrolier, l’Audi 80 connaît d’emblée un incroyable succès. Moderne et bien née, cette berline de classe moyenne à la ligne relativement élégante séduit autant pour sa robustesse que pour son comportement routier, le sérieux de sa conception et la sobriété de ses moteurs. En marge du modeste 4 cylindres 1.3 de 55 ch, le gros des ventes est assuré par un 1.5 de 75 ch (à arbre à cames en tête), tandis qu’au sommet de la gamme trône la sportive version GT (voir Avus n°23), animée par un vaillant 1.6 de 100 ch. C’est précisément ce dernier bloc, dégonflé à 85 ch, qui prend place sous le capot de notre 80 GL Variant, le terme « Avant » n’étant pas encore entré en vigueur du côté d’Ingolstadt. Même si Audi n’en est pas, à la fin des seventies, à son coup d’essai en matière de familiale (l’antique 60 eut droit elle aussi à sa déclinaison « Variant »), il faut avouer que dénicher un break de cette époque, siglé des 4 anneaux, est pour le moins rarissime. D’ailleurs, il est fort probable que le sublime exemplaire qui illustre ce reportage soit aujourd’hui plus rare encore qu’une A1 quattro, surtout dans cet état immaculé ! La « 80 », c’est une berline petite par la taille, mais immense par le talent ! Et le client ne s’y est pas trompé… Lancée en 1972, juste avant le choc pétrolier, l’Audi 80 connaît d’emblée un incroyable succès. Moderne et bien née, cette berline de classe moyenne à la ligne relativement élégante séduit autant pour sa robustesse que pour son comportement routier, le sérieux de sa conception et la sobriété de ses moteurs. En marge du modeste 4 cylindres 1.3 de 55 ch, le gros des ventes est assuré par un 1.5 de 75 ch (à arbre à cames en tête), tandis qu’au sommet de la gamme trône la sportive version GT (voir Avus n°23), animée par un vaillant 1.6 de 100 ch. C’est précisément ce dernier bloc, dégonflé à 85 ch, qui prend place sous le capot de notre 80 GL Variant, le terme « Avant » n’étant pas encore entré en vigueur du côté d’Ingolstadt. Même si Audi n’en est pas, à la fin des seventies, à son coup d’essai en matière de familiale (l’antique 60 eut droit elle aussi à sa déclinaison « Variant »), il faut avouer que dénicher un break de cette époque, siglé des 4 anneaux, est pour le moins rarissime. D’ailleurs, il est fort probable que le sublime exemplaire qui illustre ce reportage soit aujourd’hui plus rare encore qu’une A1 quattro, surtout dans cet état immaculé !

Totalement inconnue sur le continent, cette version familiale réservée au marché britannique, a été immatriculée pour la première fois en 1976, juste avant le profond restylage de l’Audi 80 (type « B2 »). Tant mieux, cet exemplaire échappe ainsi aux tendances stylistiques des années 80, caractérisées par un design plutôt anguleux, les traditionnels phares ronds étant malheureusement remplacés par des optiques rectangulaires. La carrosserie de la 80 Variant (pardon, « Estate » dans la langue de Shakespeare), vraiment spécifique, dispose bien évidemment d’un arrière totalement repensé. La découpe biseautée du hayon, dans sa partie inférieure, impose l’adoption de feux verticaux à la découpe pour le moins singulière, en forme triangulaire. Une fantaisie stylistique bienvenue, qui tranche avec le reste de l’auto, beaucoup plus classique. Mais à vrai dire, cet arrière au look bien particulier a un air de « déjà vu ». Et pour cause…

Clone de Passat !

Cela ne vous rappelle rien, vraiment ? Alors allez voir du côté de la gamme Volkswagen de l’époque, notamment au chapitre « première Passat ». Comme à l’accoutumée, après s’être approprié sans vergogne l’audacieuse Audi 50 (qui est devenue la première Polo), le géant de Wolfsburg a fait de même avec l’Audi 80, et ce, dès 1974. Sur le modèle badgé VW, la caisse et les motorisations sont strictement identiques, et seule la proue diffère. Pour se consoler, on peut dire que l’avant, signé Audi, est plus heureux avec cette calandre noire cerclée de chrome, que le faciès triste et « tout en plastoc » de la Volkswagen. Plus long de 24 cm par rapport à la berline (4m44), notre 80 Variant n’a pourtant rien d’un break de chasse Aston Martin au style renversant, mais il fait bonne figure face à la concurrence directe du moment, essentiellement tricolore (Renault 12, Citroën GS et Peugeot 304 break notamment). La 80 Variant se permet même de revendiquer un certain standing en reposant sur de belles jantes en alliage en 13 pouces, coquetterie rare pour l’époque. Mais ce break se montre surtout particulièrement vaste et pratique à l’usage, malgré son gabarit compact. Une mention spéciale pour la soute large et carrée habillée s’il-vous-plaît de moquette, remarquable avec une capacité de 745 litres. Une moderne A4 Avant, au style certes bien plus dynamique, peut sur ce point s’avouer vaincue !

Le reste de l’habitacle est en revanche bien plus conventionnel, mis à part le volant situé « du mauvais côté », sur cette version « british ». Le plastique, résolument rigide, compose l’ensemble du mobilier, et ne respire ni la gaieté, ni le luxe malgré la finition « Grand Luxe » revendiquée par notre exemplaire. Mais cet ensemble « toutenplastoc » d’une autre époque a plutôt bien résisté aux outrages du temps. Question instrumentation, on a vite fait la check-list, tant cette Audi se contente du minium syndical. Face au conducteur se trouve un compteur de vitesse (gradué jusqu’à 100 miles, soit 160 km/h), une jauge à carburant et un compte tours particulièrement lisible. Intégré sur la console centrale prennent position une petite montre, un voltmètre… et c’est tout !

Certes, il s’agit bien d’un intérieur « toutenplastoc », mais ce mobilier construit pour durer est resté de bonne facture.

Malgré ses 75 000 miles affichés au compteur, les « beaux » sièges en tissu et en simili ne sont pas trop avachis, et l’envie d’ajouter quelques miles supplémentaires se fait pressante. Contact mis, le 4 cylindres brille par sa discrétion. La position de conduite est bonne, et on est agréablement surpris par l’excellente visibilité offerte par cet habitacle très lumineux, généreusement vitré. L’exercice singulier imposé de la conduite à droite est simplifié par la présence d’une boîte automatique, qui gère d’elle-même le passage des rapports. Avec seulement 3 rapports, cette boîte douce mais très lente n’a rien, vous vous en doutez, de l’agrément dispensé par une moderne S tronic à 7 vitesses. En tout cas, une chose est sûre : mieux vaut être un fervent adepte de la conduite paisible, au moment d’aborder la route avec maman et les enfants. Certes, nul besoin de sortir un calendrier pour chiffrer le 0 à 100 km/h, un simple chrono suffira encore. Comptez tout de même 13,2 secondes selon Audi sur cet exercice, une valeur valable lorsque le moteur est neuf… ce qui n’est plus vraiment le cas !

Quant à la vitesse maximale, Audi promettait avec cet équipage un fier 168 km/h, ce qui, dans les faits, revient à bloquer le compteur. Honnêtement, par respect pour cette vieille grand-mère qui accuse tout de même près d’une tonne à vide (945 kg), nous ne sommes pas allés vérifier, mais sans doute qu’atteindre une telle vitesse réclamait à l’époque de se lancer sur quelques dizaines de kilomètres, de préférence en descente, vent dans le dos et rétroviseurs repliés ! Cette 80 Variant n’étant pas un break « RS » (il faudra patienter encore une bonne quinzaine d’année pour en profiter), il faut donc se résoudre à l’apprécier pour ce qu’elle est : une paisible et brave familiale, sans histoire. Cela n’empêche pas de saluer le comportement routier de cette traction avant, toujours sain et sécurisant malgré une certaine prise de roulis dans les virages, de même que la puissance du freinage, assuré par des disques à l’avant. De quoi rouler lentement, mais en toute sécurité !

Cette poupe, originale avec ses feux triangulaires verticaux, se distingue par sa belle capacité de charge.

L’avis d’Avus

Du « coffre », cette méconnue Audi 80 Variant en a, mais bien plus à l’arrière que sous le capot ! Il n’empêche, ce flash-back dans les années 70 permet de mesurer à quel point Audi a su faire évoluer le concept du break. Du statut peu enviable de berline « sac à dos », semblable à un utilitaire pour famille nombreuse, on est passé à celui de voiture haut de gamme et décalée. Plus qu’une évolution, cela tient de la révolution culturelle. Enfin, nous applaudissons des deux mains ceux qui s’obstinent, avec pugnacité, à bichonner de tels exemplaires totalement délaissés. Il est vrai que le cœur a ses raisons que la raison ignore…


Caractéristiques techniques : Audi 80 GL Estate, 1976

  • Moteur 4 cylindres en ligne, 1577 cm3
  • Alimentation un carburateur
  • Puissance maxi (ch à tr/mn) 85 à 5600
  • Transmission roues avant, boîte mécanique à 4 rapports
  • Freins AV/AR disques ventilés / tambours
  • Dimensions (L x l x h) 4m44 x 1m67 x 1m38
  • Poids à vide (kg) 945
  • Capacité du coffre (litres) 745
  • Pneus (AV / AR) 165 SR 13
  • 0 à 100 km/h (sec) 13,2
  • Vitesse maxi (km/h) 168
  • Consommation moyenne (l/100 km) 9,2
  • Cote 2018 3 500 € environ en parfait état

On aime

  • Audi sympa et méconnue !
  • Budget d’achat et d’entretien
  • Fiabilité de l’ensemble
  • Aspects pratiques

On aime moins

  • Finition et dotation d’un autre âge
  • Performances limitées
  • Rare en bel état
  • Conduite à droite only !

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