Audi A6 e-tron Sportback, De la ouate… et des watts !
En parallèle de sa gamme classique dotée de moteurs à combustion, Audi poursuit le développement d’une gamme 100% électrique. Fleuron de cette technologie, la nouvelle A6 e-tron, championne de l’efficience dans cette version « Sportback » très bien profilée…
Par Joseph Bonabaud, photos Tibo
En bref
Première A6 e-tron, 100% électrique
Version berline Sportback « Performance » de 367 ch
Autonomie annoncée (WLTP) : 757 km
Prix (à partir de) : 66 420 €
Si rouler en électrique en ville, avec une petite voiture compacte comme la nouvelle Renault 5 peut faire sens, adopter cette même technologie pour une routière à long rayon d’action se heurte à certaines contraintes immuables. Car pour espérer aller loin d’une traite, cela nécessite d’embarquer de grosses batteries, forcément lourdes. Et plus une auto est lourde, et plus elle va avoir tendance à consommer ! Bref, on entre dans un cercle vicieux difficile à enrayer. Audi en a pleinement conscience, et cela a amené la marque aux Anneaux à développer une gamme « e-tron » vraiment spécifique, reposant sur une plateforme inédite « PPE » 800 volts (Premium Platform Electric), autorisant des recharges rapides. Ainsi, aux cotés de la toute nouvelle A6 thermique (à découvrir à travers notre super-test dans ce même numéro), se pose son pendant électrique de dimensions presque identiques (4m93), disponible également simultanément en break et en berline. Enfin, pas tout à fait, puisque l’A6 e-tron préfère adopter une silhouette « Sportback » de coupé-berline. Ce n’est pas qu’une coquetterie stylistique, cette forme fluide favorisant l’aérodynamisme, chose essentielle pour compenser (en partie) la surcharge pondérale engendrée par l’emport de grosses batteries.

› Au contraire de BMW, qui propose en thermique comme en électrique la même silhouette, Audi opte pour une carrosserie spécifique en fonction de l’énergie, cette A6 e-tron n’ayant rien de commun avec sa cousine thermique.
D’ailleurs, tout semble fait pour optimiser les flux d’airs, la voiture disposant de poignées de porte affleurantes, de jantes profilées et d’un soubassement caréné. Pour aller encore plus loin, des rétros-caméras optionnelles sont aussi disponibles, pour gagner 7 km d’autonomie en plus. Mis bout à bout, tous ces efforts payent, cette grande berline au centre de gravité très bas revendiquant un Cx record pour la catégorie de seulement 0,21 (contre 0,24 pour le break). Avec sa grosse batterie lithium-ion de 100 kW parfaitement intégrée dans le plancher, Audi annonce jusqu’à 757 km d’autonomie avec une seule charge… selon le cycle WLTP. Un « miracle » pour une berline approchant tout de même les 2,2 tonnes que l’on doit également au choix technique d’opter sur notre version d’essai « Performance » pour une simple propulsion, ne se contentant « que » de 367 ch.

› Proposée également en break, cette A6 se montre encore plus efficiente avec cette carrosserie Sportback particulièrement bien profilée.
Forcément, la version de pointe équipée du quattro, délivrant de surcroît jusqu’à 503 ch, se montre bien plus énergivore à l’usage. Après, en simple propulsion ou en quattro, cette A6 e-tron se distingue de sa sœur thermique en adoptant un design totalement spécifique. Longue, large et basse, cette A6 reçoit une calandre Singleframe pleine (pouvant être peinte couleur carrosserie), mais aussi des optiques rangées sur 2 étages, avec des feux de jours très fins, situés en hauteur. L’arrière se fend en revanche d’un long bandeau lumineux avec pour originalité stylistique un logo rétro-éclairé, une première chez Audi.

› Avec sa grosse batterie offrant réellement 500 km d’autonomie et sa capacité à recharger très rapidement, cette A6 se pose comme une nouvelle référence en matière de voiture électrique. Une réussite !
Ecran total
Amis technophiles vous allez également adorer le traitement de cet intérieur « 2.0 », bardé d’écrans. Sur le modèle de la « scène numérique » inaugurée l’an passé sur le Q6 e-tron, cette A6 reçoit une grande dalle incurvée comprenant, face au pilote, les compteurs paramétrables, la partie centrale étant dévolue à l’infodivertissement et au GPS. Le tout peut être complété par un affichage tête haute, mais aussi – et c’est plus discutable – par un écran optionnel de 28 cm destiné au passager. Et si vous optez pour les rétro-caméras – peu intuitives à l’usage – vous allez donc vous retrouver jusqu’à 5 écrans à bord ! Honnêtement, on n’a rien contre la modernité, mais un retour à un peu plus de sobriété électronique serait salutaire. Au-delà de ce choix qui est bien dans l’air du temps, saluons ici la qualité de la finition qui est bien « premium ». Matériaux valorisants situés dans les parties hautes et ajustages précis sont de rigueur, et c’est tant mieux, car comme toute électrique qui se respecte le silence de fonctionnement à bord est royal, et il serait mal venu d’entendre ici et là des « rossignols ». Cette quiétude est d’autant plus marquée que la voiture bénéficie d’une bonne isolation phonique et même d’un double vitrage (à l’avant), faisant efficacement obstacle aux bruits extérieurs. De quoi profiter au mieux du confort de haut niveau offert par cette grande routière. Grâce à un empattement généreux porté à 2m95 les passagers ne manquent pas d’espace à bord, et le coffre accessible par un large hayon électrique n’est pas en reste (502 dm3 sous tablette, et 27 dm3 pour les câbles à l’avant).

› L’intérieur, bien dans l’air du temps, adopte comme sur toutes les dernières Audi une grande dalle numérique incurvée. Un conseil : vous pouvez faire l’économie de l’écran optionnel pour le passager, comme les rétro-caméras.
Comme sur toute Audi moderne qui se respecte, cette A6 branchée a le bon goût de disposer de l’Audi drive select, offrant plusieurs modes de conduite permettant de jouer sur des paramètres essentiels pour privilégier la consommation ou, au contraire, le dynamisme. En sélectionnant ce dernier mode, l’accélérateur se fait plus sensible et réactif, la direction plus directe. De quoi donner l’envie de taquiner l’accélérateur, chose qui se traduit par des accélérations dignes d’une sportive de bon niveau (0 à 100 km/h en 5,4 sec), vous permettant d’accrocher en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire des vitesses prohibées (210 km/h maxi). Implacable, l’A6 e-tron déroule sans faiblir jusqu’à 565 Nm de couple sur les seules roues arrière, le tout sans perte de motricité. Le plus étonnant est à mettre au crédit de son comportement. Déjà enthousiasmant sur le Q6 qui est, par nature, plus haut perché, il devient ici exemplaire, cette routière au centre de gravité plus bas se jouant de chaque virage jusqu’à faire oublier son poids. Même le freinage puissant et endurant répond toujours présent, autorisant une conduite presque sportive. Evidemment, rouler à un tel rythme a pour effet direct de faire fondre l’autonomie comme neige au soleil. En 10-15 minutes à bonne allure, vous avez vite perdu près de 80 kilomètres ! Si cette A6 e-tron sait en effet mettre les watts, au quotidien, c’est la ouate qu’elle préfère.

› Sur route sinueuse, cette A6 a le don de faire oublier ses presque 2,2 t, tout en offrant une conduite dynamique et plaisante, sans nuire au confort.
Afin de préserver un bon rayon d’action, mieux vaut « conduire au panneau » et surtout enclencher le mode « efficiency ». En plus de rabaisser la hauteur de caisse pour optimiser la pénétration dans l’air, la voiture va mettre en place une batterie de mesures permettant de préserver au maximum les batteries. Cela passe par une utilisation modérée de la climatisation, à des suggestions de « couper les gaz » au bon moment, lorsque la voiture sait que vous arrivez sur un rond-point par exemple. Au petit jeu de l’éco-conduite, nous sommes parvenus à établir une moyenne de 19,7 kW/h/100 km, ce qui est assez remarquable, mais bien éloigné des 15,9 kWh annoncés par le constructeur. Il en va de même de l’autonomie maximale, proche des 500 km « dans la vraie vie », ce qui est très bien mais moins flatteur que les 757 km annoncés. Cela reste cependant un faux problème, car l’architecture 800 volts permet réellement de récupérer de 10 à 80% de charge en seulement 21 minutes… à condition bien sûr d’effectuer « le plein » sur un super-chargeur. Si cela n’est aujourd’hui plus qu’une simple formalité sur nos autoroutes, l’exercice reste bien plus théorique dans les départements ruraux de la fameuse « diagonale du vide » qui traverse la France. En clair, si vous habitez au fin fond de la Creuse ou du Cantal, cette A6 à piles n’est peut-être pas la plus indiquée…

L’avis d’Avus
A condition d’avoir accès facilement à des super-chargeurs, cette A6 électrique se pose en alternative tout à fait viable face à son équivalent thermique, et ça, c’est vraiment nouveau ! Mieux, à l’heure où nous écrivons ces lignes, cette Audi autant agréable à vivre qu’à conduire, se pose comme une nouvelle référence. Mais cette technologie progressant tellement rapidement, qu’il existe déjà un rival chinois encore méconnu venant de Chine (XPeng pour ne pas le nommer), qui fait encore plus fort avec des recharges éclairs de seulement… 12 minutes ! Heureusement, Audi peut encore compter sur une solide image de marque pour faire la différence, mais aussi, dans le cas présent, sur un prix certes élevé, mais bien calibré face à la concurrence directe.

On aime :
• Autonomie intéressante rapidité de recharge
• Comportement – confort
• Prix bien placé
On aime moins :
• Options chères et nombreuses
• Usage plus compliqué loin des super-chargeurs
• Trop d’écrans à bord
Fiche technique Audi A6 e-tron Sportback Performance :
Moteur : électrique AR, synchrone à aimants permanents.
Puissance (ch) : 367
Couple (Nm) : 565
Transmission : aux roues arrière
Dimensions en m (L x l x h) : 4,93 x 1,92 x 1,49
Poids à vide (kg) : 2175
Coffre (l) : 502
0 à 100 km/h (sec) : 5,4
Vitesse maxi (km/h) : 210
Conso mixte (kWh/100 km WLTP) : 15,9
Rejets CO2 (gr/km) : 0

