Audi e-tron GT : Sûre Tension

C’est LA nouveauté Audi 2021 ! Nous voulons parler de l’e-tron GT, une sportive 100% électrique qui se veut être une vitrine technologique. Ce concentré d’innovation pour le moins élitiste sera promis à la confidentialité, mais il marquera les esprits grâce à son style inoubliable. La voici pour la première fois sans camouflage, à travers… 2 versions !

En bref
Coupé-berline 100% électrique
Deux versions disponibles : e-tron GT de 476 ch et RS e-tron GT de 598 ch
Autonomie : 488 km environ (WLTP)
Quand ? Avril 2021
Combien ? 101 500 € (e-tron GT quattro) et 140 500 € (RS e-tron GT)

J’ai le souvenir amusant d’un échange avec l’un des ingénieurs de l’e-tron, rencontré quelques temps avant le début de la pandémie du Covid, dans « l’ancien monde » où on pouvait encore voyager librement et serrer des mains. On venait de me présenter en avant-première non loin d’Ingolstadt, pour de vrai, le concept de l’e-tron GT, fidèle à 99% par rapport au modèle de série. Cet ingénieur qui avait participé activement au développement de la voiture voulait recueillir mes premières impressions, alors qu’il ne s’agissait que d’un simple « pre-view » statique, organisé à l’abri des regards indiscrets dans un studio à l’attention de quelques journalistes. Je lui ai répondu, le plus sérieusement du monde, que cette sublime e-tron GT serait sans doute parfaite si elle proposait également… le V8 de la RS6 !

Ce fut bien sûr une douche froide pour mon interlocuteur, probablement dépité par la réponse basique « d’homo-automobilitus » invétéré que je suis, mais il y avait plus qu’un fond de vérité dans ma réflexion. Car pour moi, le bruit, c’est aussi la vie et l’émotion, tout comme un minimum de vibrations, et c’est tout cela qui participe aussi à la magie d’une voiture qui se prétend sportive. Et quand je dis « bruit », je pourrais parler de musique pour bon nombre de moteurs nobles. Imaginez une Ferrari (ou une Harley) électrique : ce serait évidemment gâcher ! A ce titre, le moteur de la RS6 se pose là, comme une évidence. Mais mon doux rêve restera lettre morte, puisque l’e-tron GT, bâtie sur une plateforme spécifique commune à la récente Porsche Taycan, ne pourra jamais se permettre cette fantaisie. Dommage… Mille fois dommage, car il faut avouer que lorsqu’on la voit, on la veut !

Top modèle

A vrai dire, même si cela reste parfaitement subjectif, je trouve que cette sculpturale e-tron GT figure sans conteste parmi les plus belles Audi jamais dessinées, au point d’égaler – à sa manière – le premier TT ou la première A7. C’est dire ! Longue (4m99), large (1m96) et particulièrement basse (1m41), cette GT au style particulièrement musclé, belle sous tous les angles, porte bien son nom en étant une invitation irrésistible au voyage. Son atout numéro 1 n’est pas son cockpit très ergonomique, finalement assez proche sur la forme des dernières Audi haut de gamme avec ses 3 écrans en guise de « tour de contrôle » (dont 2 tactiles à retours haptiques). Non, son principal point fort est de pouvoir compter sur un intérieur surbaissé étonnamment habitable, une prouesse qu’elle doit à son empattement géant s’étirant sur 2m90. Et accessoirement à son architecture de voiture électrique, permettant de supprimer tout tunnel de transmission pour dégager un vaste plancher plat. Il est vrai que sur ce type d’auto, le châssis a une importance capitale. Et pour cause !

Installée sous la surface du plancher pour abaisser le centre de gravité, entre l’essieu avant et l’essieu arrière, la batterie lithium-ion qui alimente l’Audi e-tron GT cumule tout juste 86 kWh de capacité énergétique. De quoi autoriser, selon Audi, plus de 488 km d’autonomie (selon cycle WLTP). Par rapport à une voiture thermique, cela reste un peu juste, mais le vrai souci demeure le temps de recharge. Pourtant, Audi a réalisé des progrès tangibles en la matière, même si la patience devra rester une vertu. L’e-tron GT peut être chargée de plusieurs façons : la plus classique se fait par l’intermédiaire d’un câble connecté à la prise qui se trouve derrière le volet de l’aile avant gauche. Plus improbable reste de la faire par induction, grâce à l’avant-gardiste dispositif « Audi Wireless Charging » délivrant jusqu’à 11 kW. Une technologie d’avenir qui a néanmoins peu de chance d’être développée dans un futur proche chez les particuliers. Vient enfin la charge rapide, l’e-tron GT embarquant le connecteur Combo CCS avec la même configuration rencontrée sur la Porsche Taycan. Ce dispositif fonctionnant sur du 800 volts – et tolérant jusqu’à 350 kW de puissance – permet de recharger 80% de la batterie en à peine 20 minutes. Mieux, toujours sur une borne rapide (de type Ionity) il serait possible de récupérer une centaine de km d’autonomie en à peine 5 minutes ! Voilà qui est plus que prometteur, mais en pratique, ce type de charge rapide reste, hélas, encore peu répandu.

Dommage, car avec ses 2 moteurs (un par essieu), délivrant jusqu’à 598 ch de puissance cumulée (et 830 Nm), cette e-tron GT ne devrait pas amuser le terrain. Jugez plutôt : Audi annonce 3,5 sec pour passer de 0 à 100 km/h et seulement un peu plus de 12 secondes pour franchir le cap des 200 km/h. Après, pour préserver une autonomie minimum, Audi a pensé à brider sa voiture à 250 km/h. Mais ces chiffres, remarquables, concernent la version la plus performante, dotée de la griffe « RS » ! Ce très haut de gamme (140 500 €) ne manquera de rien (phares Matrix LED en série), même si certains dispositifs resteront en option, comme les freins en carbone-céramique (disques de 440 mm), ou encore les jantes de 21pouces ou une sonorité « sport », actionnable depuis l’Audi drive select ! Heureusement, dans sa grande sagesse, Audi va également proposer une version d’entrée de gamme, mais celle-ci n’aura pas l’élégance de se situer sous la barre fatidique des 100 000 €. Côté puissance, celle-ci chute sensiblement, mais il en reste assez pour prendre du plaisir. Audi promet encore 476 ch (et 630 Nm), permettant d’expédier cette e-tron GT quattro en 4,5 secondes sur le 0 à 100 km/h, la bride de la vitesse maxi passant à 245 km/h.

Dans tous les cas, pour récupérer quelques précieux kilomètres, la GT disposera de plusieurs modes de régénération des batteries, notamment un freinage électrohydraulique pouvant fonctionner de façon autonome, ou en manuel, via des palettes situées sur le volant permettant de « rétrograder ». Selon Audi, ce dispositif permettrait de récupérer jusqu’à 30 % d’autonomie supplémentaire. A voir lors d’un premier contact… Produite dans l’usine allemande de Böllinger, mais aussi à Neckarsulm aux côtés de la supercar R8, nul doute que l’e-tron GT va devenir un bel ambassadeur du savoir-faire d’Audi, et peut-être même donner l’envie à certains de franchir le pas pour se mettre à l’électrique. Espérons que cette e-tron GT soit aussi aboutie que sa cousine technique, la Porsche Taycan. Verdict d’ici quelques mois, lorsque la version de série sera dévoilée au printemps et enfin essayée par nos soins…

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