50 ans de 5 cylindres !
Chez Audi plus qu’ailleurs, le « 5 pattes » est une véritable institution. Un moteur cumulant bien des atouts, né voilà tout juste 50 ans. Pour célébrer dignement cet anniversaire, les apprentis œuvrant pour le centre Audi de Neckarsulm ont imaginé et construit ce formidable Audi GT 50 Concept…
Par Joseph Bonabaud, photos DR
Certains moteurs aux caractéristiques uniques restent, aujourd’hui encore, intimement liés au constructeur qui leur a donné vie. On pense notamment aux fameux « 6 en ligne » de BMW, au « V6 Busso » de chez Alfa Roméo, au « Flat 6 » de chez Porsche ou encore le célèbre « V8 trois-quarts » de Rolls-Royce. Chez Audi, certains modèles voient, depuis plus de 50 ans, leur cœur battre au rythme d’un autre moteur à l’architecture unique : le 5 cylindres ! Ce bloc d’anthologie, à la sonorité rauque assez exceptionnelle, est né du pragmatisme de Ferdinand Piëch (à qui l’on doit le mythique Flat 6 de Porsche !). En effet, lorsqu’il est arrivé à la tête du bureau d’études d’Audi au début des années 70, son obsession était déjà de donner à la jeune marque aux Anneaux un moteur suffisamment noble pour inquiéter les références du moment, notamment BMW et Mercedes.

› Voilà une bien belle surprise pour finir 2025 en beauté, et débuter 2026 avec la célébration des 50 ans du moteur 5 cylindres Audi. On ne pouvait rêver plus bel écrin !
Plutôt que de concevoir un 4 cylindres suralimenté, jugé sans doute trop roturier, ou d’élaborer un 6 cylindres, un bloc forcément volumineux – donc lourd – et assez gourmand en carburant (la crise de 1973 a laissé des traces), Piëch a tranché en faveur d’un bien singulier… 5 cylindres. Selon lui, un tel moteur ne combine que des avantages, en cumulant la compacité et la frugalité d’un 4 cylindres, mais aussi la puissance et la rondeur d’un 6 cylindres. C’est l’Audi 100 de seconde génération (type C2), qui aura les faveurs du premier 5 cylindres Audi dès 1976, voilà tout juste 50 ans ! Et ce moteur connaîtra par la suite de multiples évolutions, la plus notable étant l’adoption d’une culasse à 10 soupapes (puis 20 soupapes) et d’un turbo, un ensemble qui permettra à une certaine Ur quattro d’entrer dans la légende du rallye.

› Après avoir réalisé quelques restomod sur base NSU TT ou Audi A2, les talentueux apprentis du centre Audi de Neckarsulm sont allés ici beaucoup plus loin, en créant de toutes pièces ce coupé de compétition qui s’inspire du passé.
« Numéro 5 », by Audi
Aujourd’hui encore, le 5 cylindres demeure un« must » chez Audi. Après avoir motorisé des années durant la version de pointe de l’iconique TT (en version RS), puis le RS Q3, il officie encore sur le capot de la volcanique RS3, et affiche au bas mot quelques 400 ch. Pour combien de temps encore ? On n’en sait rien, mais les normes actuelles, de plus en plus restrictives, risquent bien d’avoir la peau de ce moteur d’anthologie. Espérons donc que cet incroyable concept mijoté par quatorze étudiants du centre Audi de Neckarsulm, né pour célébrer les 50 ans du 5 cylindres, ne soit pas un simple faire-part de décès. Baptisé Audi GT 50 Concept, ce proto de formes assez cubiques et brutales s’inspire directement des mythiques Audi de compétition, notamment de la 90 IMSA GTO, mais aussi de la 200 quattro Trans-Am sans oublier un soupçon de S1 quattro au niveau de la face avant.

› Sous cette robe taillée à la serpe se cache les dessous d’une… RS3 ! Pour fêter dignement les 50 ans de son 5 cylindres, Audi va officiellement commercialiser dans l’année une RS3 plus musclée, en série limitée.
On n’est pas vraiment dans l’esprit assez tendance des « restomod », puisque nous avons affaire ici à une création vraiment originale. Disons plutôt qu’il y a une forte influence néo-rétro, mais tout est réinterprété à la sauce moderne, comme en témoignent les « masques » noirs où sont intégrés les optiques à LED en forme de « X », à l’avant, comme à l’arrière. L’ensemble impressionne par son aspect résolument agressif, bien mis en valeur par de nombreux éléments aérodynamiques, avec un généreux spoiler de type « pelle à tarte » à l’avant, et un imposant aileron en « queue de canard » à l’arrière pour augmenter l’appui à haute vitesse. Et on imagine que ce coupé taillé à la serpe doit envoyer fort, car sous cette carrosserie originale composée de fibre de verre et de plastique (excepté le toit qui provient d’une ancienne… Audi 80 !) se cache les dessous d’une… RS3. On retrouve dans le cas présent le 5 cylindres 2.5 turbo de 400 ch (et 500 Nm) de la version de base (avec la transmission intégrale quattro), l’ensemble étant couplé à l’excellente boîte S-tronic à 7 rapports. On aimerait bien que, pour satisfaire les collectionneurs, un tel concept voit le jour en petite série, mais il est peu probable qu’Audi AG donne son feu vert. Ce qui est en revanche sûr et certain, c’est que d’après nos sources le constructeur aux Anneaux célèbrera à sa manière, et de façon parfaitement officielle, les 50 ans de son 5 cylindres en nous livrant, courant 2026 en série limitée, une RS3 spécifique vraiment très énervée. Affaire à suivre !

