Audi RS5, Artillerie lourde.
L’arrivée d’un nouveau modèle RS est toujours un temps fort chez Audi. Et gageons que cette RS5 marquera durablement les esprits. Par sa puissance de feu hallucinante d’abord, de 639 ch – grâce à une électrification – mais aussi par son poids, supérieur à… 2,3 t ! Bref, vous l’aurez compris, cette RS5 donne dans le très lourd !
Par Jack Seller, photos DR
En bref
Nouvelle RS5 de 3ème génération, disponible en break et en Sportback
Remplace la traditionnelle RS4
Moteur V6 2.9 TFSI + moteur électrique, puissance cumulée de 639 ch
Prix : 118 000 € (Sportback), 119 500 € (break Avant)
Sale temps pour les voitures de caractère… La famille d’ultra-sportives « RS », autrefois très riche, se limite depuis le retrait de la RS6 à la seule RS3… qui, elle-même, est en sursis, son fabuleux 5 cylindres turbo étant condamné à court terme par les futures normes antipollution (Euro 7). Autant dire que l’introduction de cette nouvelle RS5 va faire du bien au moral, surtout qu’elle a le bon goût de se dédoubler en deux versions distinctes. Dérivée de l’actuelle A5 (qui remplace l’A4), celle-ci sera en effet disponible en une élégante berline-coupé « Sportback », mais également, tradition Audi oblige, en break Avant.

Côté style, la petite dernière impressionne, et on ne peut s’empêcher – surtout en carrosserie break – de songer à l’ultime RS6 GT. Posée au ras du sol sur d’énormes jantes de 20 pouces (21’’ en option), cette RS5 longue de 4m89 adopte des boucliers spécifiques particulièrement agressifs. A l’avant, ils sont largement évasés pour refroidir le moteur, et ils bénéficient d’écopes latérales verticales impressionnantes jouxtant de larges « naseaux ». L’arrière n’est pas en reste, avec l’intégration « subtile » d’un inévitable extracteur d’air doté d’ailettes verticales et de deux larges sorties d’échappement ovales. Pour souligner son engagement en F1, Audi a pris soin d’y adapter, au centre, un réflecteur rouge vertical rappelant les feux des monoplaces.

› Audi revient aux affaires avec un nouveau modèle « RS », le premier du genre en hybride rechargeable.
Mais l’élément qui rappelle le plus la RS6 GT sont les ailes élargies de 4 cm (1m95 de large !), ce qui apporte inévitablement du muscle à l’ensemble. Les plus observateurs auront remarqué que celles-ci sont évasées à l’avant sur les flancs, une ouïe bien utile pour évacuer les calories générées par les freins, comme sur la RS6 GT. De série, la RS5 reçoit en effet de grands disques ventilés de 420 mm à l’avant (et 400 mm à l’arrière), mais un système optionnel en carbone-céramique allégé de 30 kg est aussi disponible. Enfin, un rapide mot sur les optiques à LED, qui arborent un motif en drapeau à damier, histoire d’appuyer son engagement sportif.

› Cette RS5 déploie une puissance de feu impressionnante, avec pas moins de 639 ch en puissance cumulée et 825 Nm de couple. De quoi abattre le 0 à 100 km/h en 3,6 sec malgré un poids supérieur à 2,3 tonnes !
Puissance en hausse, consommation en baisse
Que de la gueule pensez-vous ? Et bien pas du tout, cette RS5 développant une puissance de feu encore inédite pour la catégorie. Audi annonce en effet une écurie impressionnante de… 639 ch (et 825 Nm), soit 9 ch de plus que sur la récente RS6 GT ! C’est bien sûr énorme, mais attention, il y a une supercherie. Sous le capot, on retrouve le « classique » V6 2.9 biturbo inauguré sur la RS4
« B9 » précédente. Mais au lieu de délivrer 450 ch, il aligne ici pas moins de 510 ch et 600 Nm de couple ! Cela fait 60 ch de plus que sur l’ancienne RS4, et Audi a pris soin d’améliorer la réactivité des turbos à géométrie variable, mais aussi l’admission. De quoi permettre de meilleures relances, tout en abaissant au passage de 20% la consommation moyenne.

Gageons que dans un monde normal, avec des normes antipollution acceptables, Audi Sport se serait probablement arrêté ici. Mais pour passer le cap redouté des normes Euro 7 à venir (fin novembre 2026), et pour échapper aux malus CO2 mis en place dans certains pays (la France étant « à la pointe » dans ce domaine !), Audi a été contraint d’électrifier sa voiture. Très fortement, au point d’en faire désormais une hybride… rechargeable (PHEV). Cela passe par l’ajout d’un électromoteur intégré à la boîte de vitesses Tiptronic à 8 rapports, développant à lui seul 177 ch (et 460 Nm de couple). Pour l’alimenter et offrir une autonomie digne en mode 100% électrique (Audi annonce jusqu’à 87 km, soit probablement 60-70 km « dans la vraie vie »), d’énormes batteries de 22 kWh net sont logées sous le plancher du coffre (recharge en 2h30 sur courant alternatif AC de 11 kW). Forcément, cette intégration forcée ampute sérieusement sa capacité de charge qui chute ici à seulement… 361 litres sous la tablette (1302 litres banquette rabattue) alors que l’ancienne RS4 Avant, déjà pas vraiment réputée pour son volume, en proposait 495 litres Vous avez-dit « progrès » ? Le plus gênant est la surcharge pondérale que ce choix technique – imposé par Bruxelles – induit. Cette RS5 fait en effet ployer de façon inquiétante la balance, en collant l’aiguille à 2355 kg pour la berline, et 2370 kg pour le break ! Une hérésie pour une auto à vocation sportive…

› Cette nouvelle RS5, qui remplace directement la défunte RS4, sera disponible en berline Sportback et bien sûr en break Avant.
Sans plomb… et sans malus !
Mais les technocrates de Bruxelles, parfaitement sourds (autistes ?) face à ces considérations objectives faisant appel au bon sens élémentaire, seront ravis d’apprendre que cette RS5 « écolo » – qui carbure pourtant au sans-plomb – rejette au final moins de 90 g de CO2/km dans l’atmosphère selon le cycle WLTP (valeur définitive non communiquée, la voiture étant en cours d’homologation). Une valeur très faible qui permet donc à cette super-sportive d’échapper à tout malus CO2, un atout de taille dans un pays où ce dernier atteint désormais le seuil délirant des 80 000 €. Voilà qui va donc sensiblement alléger la facture finale, mais pas la masse de cette RS5 PHEV, qui va être impactée par le malus au poids. Heureusement, les ingénieurs d’Audi Sport ont prévu quelques parades électroniques, pour donner une sensation de « légèreté » et d’agilité à leur voiture.

› L’intérieur, personnalisable selon 4 ambiances, adopte à son tour la grande dalle numérique. Celle-ci bénéficie d’un affichage spécifique propre aux modèles « RS ».
Pour repousser les lois de la physique, cela passe par une armada de dispositifs que l’on espère efficaces, comme une suspension pilotée « sport RS » avec des amortisseurs à double valve, mais aussi et surtout une transmission intégrale quattro dotée, pour la première fois, d’un Dynamic Torque Control intégré à l’essieu arrière. Associé au nouveau mode « RS Torque Gear » (en plus des modes habituels proposés par l’Audi Drive Select), cette RS5 devrait ainsi permettre de belles dérives ! Et sa surcharge pondérale ne semble pas non plus être un obstacle pour accélérer fort. Les performances annoncées ne laissent d’ailleurs guère de doute sur la vélocité de cet ensemble, la nouvelle RS5 étant capable d’expédier l’exercice du 0 à 100 km/h en seulement 3,6 sec, la vitesse de pointe étant bridée à 250 km/h (285 km/h avec le pack Audi Sport).

Au-delà de ces nouveautés technologiques, cette RS5 positionnée au sommet de la gamme cultive un certain sens de l’accueil en disposant – notamment – de sièges sport en cuir de série. A l’avant, ces baquets sont électriques et intègrent même un mode « massage ». Pas moins de quatre ambiances intérieures permettent par ailleurs de jouer sur les surpiqûres, des éléments décoratifs intérieurs allant de la planche de bord aux accoudoirs en passant par les panneaux de porte et les palettes au volant, ou encore sur des combinaisons de couleurs spécifiques (avec ceintures de sécurité assorties). Quant à la planche de bord, elle hérite de la grande dalle numérique incurvée déjà vue sur les autres A5. Mais le bloc compteur de 11,9’’ bénéficie pour les circonstances d’un affichage « sport » spécifique, indiquant notamment le régime du moteur, la température des différents fluides et même les « G » encaissés. Ça promet !

L’avis d’Avus
Avec cette nouvelle RS5, Audi va se repositionner avec force sur le marché des super-sportives polyvalentes, qui ont tant contribué à son succès. Bien sûr, on déplore cette prise de poids spectaculaire, mais Audi ne pouvait faire autrement pour « rentrer dans les clous » réglementaires. Et malgré cette surcharge pondérale, nous n’avons aucun doute sur l’excellence du travail accompli par les ingénieurs, qui ont certainement trouvé les bonnes parades pour garantir l’essentiel : des performances élevées, une sécurité de haut niveau et surtout un vrai plaisir de conduite. On a hâte de juger sur pièces…

« Avec cette nouvelle RS5, Audi va se repositionner avec force sur le marché des super-sportives polyvalentes, qui ont tant contribué à son succès »
On aime :
• Look d’enfer
• Pas de malus CO2 !
• Polyvalence préservée
• Performances élevées
On aime moins :
• Poids !
• Capacité du coffre limitée

