Audi RS3 « competition limited », Un dernier pour la route !
On le sait, le mythique 5 cylindres turbo d’Audi est, à court terme, condamné par les normes environnementales. Désormais, seule la RS3 ose encore le proposer. Plus pour longtemps, Audi lui offrant en guise de pot de départ cette série spéciale « competition limited ». Vous reprendrez bien un p’tit dernier pour la route ?
Par Joseph Bonabaud, photos DR
En bref
Série limitée « competition limited » à 750 exemplaires
Dispose d’une configuration exclusive et de combinés réglables
Moteur 5 cylindres 2.5 TFSI de 400 ch
Perfs : 0 à 100 km/h en 3,8 sec – 290 km/h maxi
Prix (hors malus de 80 000 €) : 112 970 €
Hasard du calendrier, au moment où nous préparions un épais dossier pour célébrer à notre manière les 50 ans du 5 cylindres Audi, la marque aux Anneaux vient de nous adresser un dossier de presse pour nous présenter dans le détail sa très exclusive « RS3 competition limited », le seul modèle à encore défendre les couleurs de ce moteur de légende. On savait depuis des mois qu’Audi préparait un modèle spécial, et certains faisaient état du patronyme de « GT », comme pour l’ultime RS6 thermique. Le secret avait été bien gardé et finalement, il n’en est rien. Et n’allez pas croire que cette série spéciale se limite à un simple badge dédié. Les ingénieurs d’Audi sport se sont penchés sur le berceau de leur enfant terrible pour améliorer tout ce qui pouvait l’être. Avant de détailler les modifications techniques, passons d’abord en revue les éléments distinctifs de cette série très limitée (750 exemplaires pour le monde), appelée à devenir un futur collector.

› Pour dire adieu à son mythique 5 cylindres qui souffle ses 50 bougies, Audi va commercialiser cette RS3 competition limited. Un futur collector produit à seulement 750 exemplaires pour le monde…
Emissions de carbone
Proposée en berline ou en Sportback (seul le break Sportback sera vendu en France), cette RS3 renforce sa sportivité grâce au recours massif à de nombreux éléments en carbone mat, dont une lame venant souligner le spoiler, ou encore des écopes verticales nichées dans le bouclier avant. La proue a précisément fait l’objet de nombreuses attentions, en recevant une calandre singleframe majorée, qui ne semble faire plus qu’un avec les prises d’air latérales destinées à aérer les freins. Pour adresser un clin d’œil au 5 cylindres qui remplit généreusement le compartiment moteur, Audi a doté sa berline compacte de phares affichant une signature lumineuse spécifique. En effet, les projecteurs Matrix LED assombris, propres à cette édition spéciale, reçoivent des segments qui s’allument selon la séquence 1 -2 -4 -5 -3, ce qui correspond à l’ordre d’allumage du moteur. Sympa ! Et ici et là, on trouve de nombreux autres éléments exclusifs… en carbone également, comme les coques des rétroviseurs, les lames soulignant les bas de caisse, l’aileron de coffre ou encore le diffuseur d’air. Des pièces spécifiques redessinées pour la plupart, soigneusement étudiées en soufflerie.

› Disponible en 3 coloris, cette RS3 très spéciale remet au goût du jour le vert Malachite inauguré sur la légendaire Sport quattro des années 80.
Mais pour se différencier d’une RS3 « de base », cette version très spéciale bénéficie par ailleurs de couleurs spécifiques mais assez limitées, puisque le nuancier se contente de trois coloris distincts. Outre le désormais incontournable « gris Daytona », Audi propose un « blanc Glacier » mais surtout, comme sur nos photos d’illustration, un nouveau « vert Malachite » de toute beauté qui rappelle l’emblématique livrée présente sur la mythique Sport quattro des années 80. Les jantes en alliage léger de 19 pouces sont également exclusives, puisqu’elles sont composées de dix branches en forme de croix et sont peintes dans un inédit coloris Or néodyme mat.

Plein la vue… et les oreilles !
Un coloris « qui flashe » que l’on retrouve, par petites touches, dans l’habitacle, mêlé à du « blanc Gingembre », le noir restant dominant. L’inscription « competition limited » est omniprésente sur les tapis de sol noirs, mais aussi sur un insert situé sous les appuie -têtes, ainsi que sur le tapis de coffre. Sur la console centrale, un numéro de série gravé en finition mate, positionné devant le sélecteur de vitesses, rappelle le caractère très limité de cette RS3. Les sièges baquets RS, particulièrement enveloppants, sont habillés de cuir noir au niveau des bourrelets latéraux, tandis que les parties centrales sont réalisées en microfibre Dinamica couleur Or néodyme, un coloris décliné sur les accoudoirs de portes et l’accoudoir central. Enfin, des coutures contrastées en blanc Gingembre viennent souligner le motif en losange des sièges.

› L’intérieur bénéficie de nombreux ajouts de couleur et d’éléments exclusifs. On adore les compteurs à fond blanc, qui rappellent une certaine RS2, un autre modèle Audi iconique doté du 5 cylindres.
Bien sûr, le plaisir de conduite étant ici au centre de toutes les préoccupations, le poste de pilotage a également bénéficié de quelques particularités. L’écran tactile de 10,1 pouces, intégré à la planche de bord, affiche ainsi des paramètres de performance spécifiques à RS : températures du liquide de refroidissement, température du torque splitter, température des freins, températures de l’huile moteur et de l’huile de boîte, pression et température des pneus sont au menu ! Audi a aussi pensé adresser un autre clin d’œil teinté de nostalgie, en dotant sa RS3 de compteurs à fond blanc, comme sur la regrettée RS2. Et pour profiter pleinement de la sonorité rauque et unique du 5 cylindres, Audi a réduit les insonorisants, mais aussi équipé les échappements de clapets actifs qui s’ouvrent plus tôt dans les menus de l’Audi drive select lorsque l’on sélectionne le mode RS Performance ou RS Torque Rear, ce dernier accentuant en plus la mobilité du train arrière de la voiture dans les virages pour davantage « de fun ».

Des liaisons au sol optimisées
Mais au-delà d’un échappement « libéré », quid des autres modifications techniques ? Sans détour, autant le dire tout de suite, on aurait aimé que les ingénieurs d’Audi sport se penchent sur leur fameux 5 cylindres, pour remettre une louche de chevaux et en profiter – au passage – pour clouer le bec à une certaine Mercedes Classe A 45 S AMG qui aligne crânement 421 ch, soit un record pour la catégorie. L’occasion était belle, et une majoration de la puissance de 50 ch (pour « 50 ans de 5 cylindres ») aurait été bienvenue, histoire de finir en beauté… et d’apporter un vrai « plus » pour le client. Au lieu de cela, le 5 cylindres 2.5 TFSI Audi stagne bêtement à 400 ch. Certes, avec 500 Nm de couple et des accélérations canon (0 à 100 km/h en 3,8 sec) il ne manque de rien, mais avouez que pour la forme, cela aurait été appréciable. Dans sa grande générosité, Audi a tout de même, de série, relevé la bride de cette RS3 « competition limited » à 290 km/h (contre 250 km/h habituellement).

› Malgré un prix de vente final avoisinant les 200 000 € en comptant le malus, les 13 exemplaires réservés à la France ont d’ores et déjà trouvé preneur !
Les ingénieurs ont en revanche optimisé à fond les trains roulants puisque, pour la première fois, cette RS3 énervée reçoit une suspension à combinés filetés (incluant une nouvelle barre stabilisatrice arrière), héritée directement de la compétition. Pour offrir une rigidité sans faille, Audi précise avoir utilisé dans la construction des amortisseurs à double valve de l’acier inoxydable et de l’aluminium. Afin de régler l’amortissement en fonction du circuit ou de la route, Audi fournit des outils pour ajuster la compression et la détente des amortisseurs, comme sur une voiture de course ! Cela agit sur l’écoulement de l’huile dans le cylindre et modifie donc la force d’amortissement qui s’oppose au mouvement de la suspension lors des phases de charge. La compression basse vitesse influe sur la réaction de la suspension aux forces présentes en virage et joue un rôle clé dans l’adhérence des pneus. Elle se règle en 12 crans à l’aide d’une molette. Plus la molette est tournée vers le signe « + », et plus l’amortissement devient ferme, et donc plus le réglage est rigide. Cela maximise l’adhérence latérale, permet des vitesses de passage en courbe plus élevées, une inscription en virage plus vive, et donc un comportement plus direct. À l’inverse, plus la molette est tournée vers le signe « – », et plus la force d’amortissement diminue. Cela procure en revanche une conduite plus confortable.

Bien sûr, étant donné le niveau de puissance, la fameuse transmission intégrale quattro est du voyage. Mais celle-ci, très élaborée, adopte un répartiteur de couple entre le train avant et arrière qui vient renforcer le dynamisme de la conduite, mais aussi la vectorisation du couple par freinage. En effet, en entrée de virage, le couple est envoyé vers la roue extérieure, la roue intérieure est légèrement freinée, ce qui permet à l’Audi RS 3 competition limited de se placer idéalement pour sortir du virage, en parfaite trajectoire. Pour ralentir efficacement l’équipage, la voiture est dotée de surcroît, en série, de freins en céramique (avec étriers rouges) particulièrement résistants à l’échauffement. Bref, à défaut d’offrir davantage de puissance, cette RS3 très affûtée au niveau des liaisons au sol devrait se montrer encore plus rapide et efficace dans les enchaînements sinueux. Cette RS3 competition limited sera livrée à partir de juin 2026, et s’affichera chez nous au prix élevé de 112 970 €, sans compter bien sûr un malus assassin de 80 000 €. Malgré un prix final avoisinant la somme délirante de 200 000 €, les 13 exemplaires réservés à la France sont d’ores et déjà tous réservés !

L’avis d’Avus
Cette ultime RS3 vient ainsi clore l’une des plus belles pages de l’automobile – et de l’histoire d’Audi – avec un certain panache, rendant un bel hommage au 5 cylindres. Mais d’après nous, faute d’une préparation moteur spécifique, cette RS3 peine à justifier son prix exorbitant dépassant les 110 000 € (hors malus), le modèle « de base » qui se montre déjà très convaincant ne se contentant -rappelons-le – « que » de 75 600 €. Un écueil de taille qui ne semble pas effrayer les amateurs du genre, prêts malgré tout à payer le prix fort. Sans doute faut-il y voir l’aspect « collector » de cette variante « competition limited » produite à seulement 750 exemplaires pour le monde…

« Les ingénieurs d’Audi sport se sont penchés sur le berceau de leur enfant terrible pour améliorer tout ce qui pouvait l’être »
On aime :
• Look spécifique sympathique
• Liaisons au sol typées compétition
• Moteur d’anthologie
• Performances – efficacité
On aime moins :
• Tarif prétentieux
• Puissance moteur inchangée
• Malus prohibitif

