Audi revient aux affaires avec son best-seller : le Q3. Ce troisième opus, réactualisé sur le plan du style, fait le plein de technologies en embarquant un cockpit 100% numérique, mais aussi une chaîne de traction hybride-rechargeable le hissant au sommet de la catégorie. Une excellence facturée au prix fort…
Par Jack Seller, photos Tibo
En bref
Nouvelle génération de Q3 (Mk3)
Disponible en SUV « break » et en « coupé » Sportback
Modèle essayé : Q3 Sportback e-hybrid 272 ch
Prix (à partir de) : 63 050 € (hors malus au poids)
Pour Audi, le Q3 est devenu le best-seller du mix des ventes dans l’hexagone, avec une stricte parité entre les particuliers et les entreprises. Vendu à plus de 100 000 unités depuis son lancement en 2011 rien qu’en France, charge donc à ce 3ème opus totalement inédit de creuser un peu plus le sillon de ses prédécesseurs. Pour conforter son succès, le nouveau Q3 est d’ores et déjà disponible en carrosserie classique de SUV break, ou en une moins pratique – mais plus esthétique – version coupé Sportback ici à l’essai, dotée d’une chute de pavillon plus prononcée à l’arrière (- 2 cm), pénalisant quelque peu la garde au toit. Malgré un surcoût imposé de 2500 €, cette dernière reste la plus prisée, chose logique sur un segment où le style demeure l’un des principaux critères d’achat. Plus long de 4 cm (4m53), ce Q3 « new look » brille par un design plus musclé, comme d’habitude bien mis en valeur chez Audi par un travail soigné au niveau des optiques à LED. Outre les traditionnelles versions essence (TFSI) et diesels (TDI) délivrant chacune 150 ch, Audi propose d’emblée une incontournable version PHEV basée sur un 4 cylindres 1.5 de 176 ch nommée e-hybrid (et non plus TFSIe).
› A l’instar de l’A3, le SUV compact Q3 est l’un des best-sellers d’Audi en Europe, notamment en France. D’où l’importance du renouvellement de ce modèle.
A n’en pas douter, celle-ci sera la plus prisée des entreprises et des particuliers en combinant un appréciable punch grâce à ses 272 ch en puissance cumulée (et 400 Nm de couple), mais aussi aux substantielles économies espérées en offrant une autonomie en full électrique record pour la catégorie. Jugez plutôt : Audi annonce pas moins de 120 km en cycle WLTP contre seulement 50 km auparavant. Une progression spectaculaire rendue possible grâce à l’adoption d’une grosse batterie de 19,7 kWh utiles, ce qui n’est pas sans conséquence sur la capacité du coffre, le volume chutant alors de 488 à 375 dm3. Pour vous consoler, sachez que ce Q3 PHEV tolère désormais les recharges rapides de 50 kW sur les bornes DC (comptez 26 minutes pour passer de 10 à 80%), mais surtout qu’il échappe au malus CO2 (rejets de 39 à 49 g/km selon dotation)… mais pas au poids (1000 €). De quoi surenchérir un prix de départ déjà conséquent fixé à partir de 57 000 €, la très prisée S line culminant à 63 050 € sans option. Et c’est bien dommage, car des options « obligatoires » il y en a beaucoup (phares Matrix, affichage tête haute, suspension adaptative…), et comme la plupart sont intégrées à de coûteux « packs », la note peut dépasser les 80 000 €, comme sur notre modèle d’essai. Oui, je sais, ça fait mal (il n’y a pas si longtemps on avait pour ce tarif un Q7 V6 TDI !), et à l’instar des autres constructeurs, Audi ne raisonne plus en prix fixe, mais en mensualités à travers des LOA. On vit une époque formidable !
› Ce Q3 PHEV n’est pour l’heure proposé qu’en simple traction avant. La suspension pilotée, très efficace, apporte un vrai plus en confort et en comportement.
Bien sous tous rapports
Pour cette somme très premium, ce Q3 e-hybrid propose heureusement des prestations en rapport. Les habitués du modèle ne reconnaîtront pas l’intérieur, transfiguré en adoptant comme sur les derniers modèles une grande dalle incurvée comptant les instruments de bord (écran de 11,9 ‘’) mais aussi un écran central tactile de 12,8’’ réservé au GPS et à l’infodivertissement. A noter qu’Audi s’est efforcé de simplifier les choses en conservant des commandes physiques, réunies dans un commodo multifonctions totalement inédit permettant de piloter l’essentiel du bout des doigts. A ce sujet, autant la partie droite est assez intuitive à utiliser, autant celle de gauche, trop fouillée à notre goût (en regroupant les essuie-glaces, les phares et les clignotants), l’est moins à l’usage. Contact mis, notre SUV n’émet aucun bruit, en démarrant par défaut en mode électrique. C’est donc en douceur, dans un silence absolu, que nous effectuons les premiers kilomètres. Si ce Q3 sûr et confortable se comporte comme un SUV électrique batterie pleine (comptez 100 km maxi d’autonomie dans la vraie vie), il ne démérite pas lorsque celle-ci est vide, en se conduisant comme une hybride classique, le 4 cylindres devenant alors la source d’énergie principale. D’une cylindrée un peu juste de 1,5 litres, ce dernier est en revanche peu agréable en sonorité lorsqu’on le cravache. Nous avons malgré tout relevé une consommation moyenne de 6,5 l/100 km, très acceptable pour un engin donné à 1900 kg. Oui, c’est beaucoup, mais c’est le prix à payer pour embarquer des batteries offrant une autonomie digne.
› L’intérieur fait table rase du passé, pour se convertir à son tour au tout numérique. A noter l’introduction d’un commodo inédit fixé au-dessus du volant.
Au-delà d’une consommation maîtrisée, ce SUV sait aussi dispenser un vrai plaisir de conduite en offrant jusqu’à 400 nm de couple (en puissance cumulée), ce qui se ressent sur les accélérations (0 à 100 km/h en 6,8 sec)… et le train avant, parfois mis à mal sur chaussée humide (une version quattro n’est pas prévue avant 2026). Et pour gagner tant en confort qu’en efficacité, nous ne saurions vous recommander chaudement le pack Tech Pro (une « bricole » à 3250 €) ne serait-ce que pour bénéficier de la très convaincante suspension adaptative. Cette suspension pilotée à deux valves adapte indépendamment les lois de compression et de détente des amortisseurs, permettant de verrouiller efficacement les mouvements de caisse dans les virages… à condition de sélectionner le bien-nommé mode « dynamic ». Car en « confort », l’ensemble retrouve trop de détente et à tendance à trop se balancer à bon rythme, quitte à malmener un peu les passagers. Un grief peu important sur un SUV « écolo » où chacun visera probablement une efficience optimale, ce qui se traduit généralement par une conduite assez paisible.
› Pour contourner les lourds malus CO2, Audi dégaine cette version hybride-rechargeable développant 272 ch en cumulé. Son autonomie en électrique, proche des 100 km en réel,
en fait une nouvelle référence.
L’avis d’Avus
Au final, malgré des tarifs élevés, ce Q3 bourré d’atouts possède assez d’arguments objectifs pour rester une valeur sûre, tant auprès des particuliers, que des entreprises. Et nul doute que cette version « écolo », qui échappe à tout malus CO2, devrait rouler vers le succès. On regrettera seulement le prix de départ, vraiment élevé, et encore plus indigeste lorsque l’on commence à puiser dans le vaste catalogue des options. Un retour à plus de réalisme serait souhaitable…
› Cette troisième et ultime génération de Q3 est d’ores et déjà déclinée en break, ou en Sportback, contre un supplément de 2500 €.
On aime :
• Rapport autonomie – consommation exceptionnel
• Suspension pilotée très convaincante
• Info-divertissement riche et intuitif
On aime moins :
• Prix décourageant
• Trop d’options « obligatoires »
• Commodo de gauche un peu trop fourni
Fiche technique Audi Q3 e-Hybrid :
Moteur : 4 cylindres à injection directe,
1498 cm3 de 176 ch + moteur électrique 115 ch
Puissance cumulée (ch) : 272
Couple (Nm) : 400
Transmission : aux roues avant, boîte S-tronic à 6 rapports
Dimensions en m (L x l x h) : 4,53 x 1,86 x 1,56
Poids à vide (kg) : 1900
Réservoir (l) : 45
0 à 100 km/h (sec) : 6,8
Vitesse maxi (km/h) : 215
Conso mixte (l/100 km WLTP) : 2,1
Rejets CO2 (gr/km) : 39 à 48 selon dotation