Audi A6 Avant 50 TDI : Le break taille patron

Chez Audi, cela fait plus de 30 ans que le grand break est élevé au rang de religion. Sans surprise, la nouvelle A6 bénéficie donc elle aussi de cette déclinaison très attendue. En mariant avec un talent rare esthétique et aspects pratiques, elle devrait s’octroyer 70% des ventes…

En bref
Ultime déclinaison break de l’A6
Version essayée : 50 TDI (V6 3.0 286 ch)
Prix : 62 600 € (à partir de)

Lorsque l’on pense beau et grand break statutaire, le suédois Volvo se pose légitimement là, comme une référence en la matière, et il suffit d’ailleurs d’observer le dernier V90 pour s’en convaincre. Mais sur ce segment, Volvo est talonné depuis plus de 3 décennies par Audi, qui a su apporter à ce type de variante familiale une image de dynamisme qui lui manquait. Voire même une dimension réellement sportive, à travers les incroyables déclinaisons siglées « RS », inaugurées par une certaine RS2 dès 1994. Une formule qui a rencontré le succès que l’on sait… La grande routière A6, qui en est déjà à sa huitième génération (en comptant les Audi 100), a bien sûr droit à sa carrosserie break, une déclinaison à succès facturée 2300 € de plus que la berline. Justement, bien qu’étroitement dérivée de la berline dévoilée fin 2018, cette nouvelle A6 Avant cultive sa propre personnalité, même si elle s’inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs.

Elle apparait toutefois plus musclée, la calandre single frame étant plus basse et large qu’auparavant, tandis que l’arrière hérite d’un jonc horizontal chromé (ou laqué noir) reliant les feux. Notons également la présence d’ailes joliment bombées, un effet stylistique qui tend à se généraliser chez Audi, afin de souligner la présence des 4 roues motrices. Si le célèbre système quattro est en effet bien présent sur les versions haut de gamme, comme sur notre modèle d’essai 50 TDI (en fait un V6 3.0 TDI de 286 ch pour traduire ce matricule abscons !), il reste optionnel sur les modèles d’entrée de gamme (4 cyl. TDI 204 ch). Mais avec un gros ou un petit moteur, ce qui est bien de série, est la présence d’une soute au format XXL (de 565 à 1680 litres selon configuration). Une gageure dans la mesure où le break est plus court que la berline de 2  cm (4m92), et que sa poupe se caractérise par l’adoption d’un hayon fortement incliné, contribuant à renforcer son aspect sportif. Mais la nouvelle A6 Avant n’est pas qu’une belle voiture : c’est aussi une incroyable machine à voyager.

Le plein de technologies

Si, sur la forme, cette ultime mouture semble donner dans l’évolution en dépit d’un style qui tend pourtant à se renouveler, l’intérieur a lui fait sa révolution ! L’A6 a clairement rattrapé son retard dans ce domaine sur ses rivales directes (Mercedes Classe E, BMW Série 5…), et même pris pas mal d’avance ! En s’installant à bord, on mesure immédiatement le bond technologique accompli par cette grande routière. A l’instar de la dernière limousine A8, la planche de bord est de type « 2.0 », en évitant soigneusement presque tout bouton « physique », Audi ayant juste judicieusement conservé quelques « raccourcis », comme la molette permettant de régler le volume de la hi-fi. Pour le reste, l’A6 passe au 100% numérique, en recevant pas moins de 3 grands écrans. Face au conducteur, en guise de compteurs, on retrouve le désormais familier cockpit virtuel, cet affichage multifonction à haute résolution étrenné en 2014 par l’actuel TT.

Ce tableau de bord « 2.0 », à la finition parfaite, se pose comme une nouvelle référence. Logique dans la mesure où il dérive très étroitement de la dernière A8 !

Mais c’est la console centrale qui concentre les nouveautés, en gagnant deux écrans inédits, avec des touches à retour haptique s’il-vous-plaît, permettant de valider « à l’oreille » chaque opération. L’écran du haut est dédié à l’info divertissement et au GPS (que l’on peut dupliquer sur le cockpit virtuel), celui du bas étant dévolu aux fonctions de confort. Là où Audi fait très fort, c’est que ce gros « Smartphone roulant » propose la fonction « Drag & Drop » (glisser et déposer en bon français), permettant de déplacer une information d’un écran à un autre. Steve Jobs aurait approuvé !
Cette montée en puissance technologique, se vérifie également par la présence de… 38 aides à la conduite, mais aussi un niveau de conduite autonome de « niveau 3 », soit le top de ce que la législation autorise actuellement. D’autres gadgets sont au menu, comme démarrer ou garer la voiture via son Smartphone, sans compter que Big Brother vous surveille en permanence pour devenir votre meilleur copilote, puisque la voiture va au fil des semaines apprendre et mémoriser vos habitudes, qu’il s’agisse de vos trajets, ou encore de vos stations de radio préférées !

Allocations familiales

Bien qu’ultra-techno, l’A6 Avant est aussi et d’abord une vraie familiale, qui a le sens de l’accueil. Clairement, elle sait recevoir, en proposant une ambiance vraiment chic, utilisant des matériaux valorisants, conforme à l’idée que l’on peut se faire d’une Audi (contrairement à la dernière A1, décevante sur ce point). Longue de 4m92, la statutaire A6 Avant bénéficie d’une plateforme inédite mixant acier à haute résistance et aluminium, dotée de cotes légèrement optimisées (7 mm de plus en longueur et 12 mm de plus en largeur), ce qui se traduit par une belle habitabilité, tant aux places avant qu’à l’arrière, excepté la place centrale, pénalisée par le tunnel de transmission.

A propos des places arrière, notons la présence de stores roulants intégrés dans les portières, tandis que le vaste coffre, équipé de série d’une ouverture et d’un cache-bagages électrique, se montre très accueillant grâce à son large plancher plat et son seuil placé assez bas. Des crochets d’arrimage permettent de bien fixer les charges, mais il faudra, pour bien faire, recourir au « pack rangement », qui propose en plus une barre coulissant dans les rails du plancher du coffre, mais aussi un filet. Sans être aussi modulable qu’un SUV, l’A6 dispose d’une tirette placée sur les côtés du coffre, permettant de rabattre sans effort la banquette 2/3 – 1/3. Dommage que cette dernière ne soit pas coulissante, comme sur le dernier Q3.

Mais choyer une famille ne se fait pas uniquement grâce à une fonctionnalité optimisée. L’A6 déploie également des trésors d’ingéniosité pour rendre les longs voyages plus agréables pour ses passagers. Et toujours plus plaisants pour le conducteur. Pour ce faire, elle soigne particulièrement ses trains roulants, en adoptant des supports de jambes en suspension en aluminium, tout en laissant le choix entre 4 types d’amortissement. Si les traditionnels combinés à ressorts en acier, livrés d’office, sont déjà très convaincants en mixant confort et dynamisme, l’A6 monte le curseur plus haut en proposant aussi une suspension « sport » plus ferme (de série sur S line), mais également un amortissement piloté métamorphosant la voiture en fonction des humeurs du conducteur, via l’Audi drive select. En outre, Audi propose, toujours en option, un différentiel central autobloquant (1800 €). Mais le fin du fin reste la suspension pneumatique de notre modèle d’essai (facturée 1850 €), permettant de rouler sur un coussin d’air, tout en garantissant une assiette constante en charge, chose appréciable sur une auto à vocation familiale susceptible d’embarquer de fortes charges. Signalons qu’Audi propose également une direction dynamique très précise asservie à la vitesse, agissant de concert sur les 4 roues.

Ce système facturé 2250 € dispose donc de 4 roues directrices, les roues arrière pouvant prendre un angle contraire de 5° sous 60 km/h par rapport à la direction, ce qui permet de réduire le diamètre de braquage de 1,1 m. Cela n’a l’air de rien, mais dans les faits, cela change tout pour manœuvrer en ville ou dans un parking étroit. Et au-delà de 60 km/h, avec ce train arrière qui suit cette fois le mouvement imprimé par le train avant, la voiture offre un dynamisme de conduite étonnant dans les courbes et virages. C’est d’autant plus le cas avec ce gros moteur couplé à la boîte tiptronic à 8 rapports, un noble V6 3.0 TDI de 286 ch qui coiffe la gamme diesel (un 45 TDI de 231 ch étant aussi disponible), que nous avons essayé sur les routes exigeantes des Alpes.

A watts et à vapeur

Mais cette A6 Avant 50 TDI n’est pas que diesel. A l’image du redoutable SQ7, elle bénéficie d’une hybridation de bord légère (MHEV), offrant un réseau de bord 48 volts grâce à une batterie supplémentaire au lithium-ion. Un dispositif destiné à optimiser tous les systèmes permettant de gratter ici ou là quelques dés à coudre de carburant, en agissant sur le stop&start, ou en désaccouplant le quattro dans les lignes droites… voire même le moteur au levé de pied, entre 55 et 160 km/h. Ces astuces permettraient d’économiser jusqu’à 0,7 l/100 km selon Audi. C’est peu, mais on prend !

Avec ce puissant V6 50 TDI et les roues arrière directrices, notre imposante A6 Avant offre un agrément digne d’une bonne GT !

Bien sûr, toute cela se fait de manière totalement transparente pour le conducteur, dorloté dans cet habitacle. A bord, tout n’est que puissance, calme et harmonie. Pas un bruit ne pénètre l’habitacle. A peine un chuintement aérodynamique à 130 km/h sur autoroute, et un léger ronflement du TDI. Un moteur fort en couple (620 Nm dès 2250 tr/mn), qui autorise des relances convaincantes à toutes les vitesses (0 à 100 km/h en 5,5 sec) malgré un poids élevé, dans la limite de 250 km/h. Clairement, rouler avec un tel « mazout » n’est que du bonheur, signe qu’avoir un diesel sous le capot a encore du sens sur ce type de voiture, surtout pour les gros rouleurs. Et contrairement au Q8 50 TDI équipé du même tandem moteur-boîte, notre A6 semble moins souffrir de l’impact des normes WLTP, dans la mesure où on ne ressent guère cette désagréable inertie au démarrage. La seule inertie palpable est peut-être celle du client potentiel, qui risque d’avoir une hésitation au moment de signer le bon de commande…

L’avis d’Avus

Car cette surenchère technologique n’a hélas rien de gratuit, cette A6 Avant haut de gamme étant facturée 4200 € de plus que l’ancienne génération avec le convaincant TDI de 272 ch, qui n’avait déjà pourtant pas la réputation de brader ses services. Et pour ne rien arranger, la fiscalité confiscatoire française inflige désormais dans le cas présent un malus de 1740 € (contre 140 € pour l’ancien modèle TDI 272). De quoi rendre cette A6 Avant 50 TDI « hors sol », puisque notre version d’essai haut de gamme Avus Extended, qui n’a pas grand-chose à envier à la luxueuse A8, s’affiche au tarif décourageant de 83 100 € ! Notre conseil : à moins d’avoir hérité d’un vieil oncle d’Amérique, visez le modèle d’entrée de gamme TDI de 204 ch, qui n’a rien d’une A6 au rabais, et vous aurez déjà des prestations vraiment premium pour… 20 000 € de moins !

Caractéristiques techniques : Audi A6 Avant 50 TDI

  • Moteur 6 cylindres en V turbo diesel, 2967 cm3
  • Puissance maxi (ch à tr/mn) 286 à 3500
  • Couple maxi (Nm à tr/mn) 620 à 2250
  • Transmission Integrale, boîte Tiptronic à 8 rapports
  • Freins Disques ventilés, étriers à 4 pistons (AV et AR)
  • Dimensions L x l x h (m) 4,92/1,89/1,47
  • Poids (kg) 1850 environ
  • Volume du coffre (litres) 565 – 1680
  • Pneus AV/AR 255/40 R 20
  • Vitesse maxi (km/h) 250
  • 0 à 100 km/h (sec) 5,5
  • Émissions CO2 (g/km) 142 à 150

On aime

  • Présentation flatteuse
  • Contenu technologique impressionnant
  • Agrément moteur-boite
  • Compromis confort-agilité

On aime moins

  • Prix décourageant
  • Options chères et nombreuses
  • Encombrement important
  • Place centrale arrière sacrifiée

Les alternatives

Sur le segment des grands breaks premium, la Mercedes Classe E, plus spacieuse, domine la catégorie, talonnée par l’élégante BMW Série 5 Touring, qui joue plus la carte du dynamisme. Mais en dehors des références allemandes, il y a d’autres breaks qui méritent votre attention…

Jaguar XF Sportbrake

Chez Jaguar, l’équivalent de l’Audi A6 est la berline XF, qui bénéficie elle aussi d’une déclinaison break. Baptisée Sportbrake, celle-ci se caractérise par un design presque sportif, mais les aspects pratiques ne sont pas en reste : jusqu’à 1700 litres de capacité de charge, et la suspension pneumatique arrière réglable est de série ! Si l’offre moteur est satisfaisante (blocs essence de 200 à 380 ch et diesels de 163 à 300 ch), l’intérieur est en revanche moins techno et valorisant que chez Audi. Côtés tarifs, on navigue presque dans les mêmes sphères : comptez de 44 320 à 76 130 €.

Volvo V90

Si vous pensez qu’un break Volvo est un cube perché sur roues, il va falloir réviser vos classiques et regarder du côté de ce sculptural V90 qui a tout pour plaire ! Outre une ligne fuyante et dynamique, de bon goût, le V90 dispose d’un intérieur premium, avec une grande dalle tactile. L’offre moteur est aussi à la page, avec de 190 à 310 ch en essence, et de 150 à 235 ch en diesel. Cerise sur le gâteau : le V90 est proposé aussi en hybride rechargeable (303 ch), et en déclinaison tout-chemin Cross Country, vraiment irrésistible ! Dommage que les prix soient calqués sur les premium allemands : prévoyez de 48 650 à 83 450 €

Avus:
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