Audi superstar : Mondial de Paris 2018 !

Tous les 2 ans, la voiture tient salon au Mondial de Paris. Il y a des éditions « avec », et d’autres « sans », et ce cru 2018, qui veut axer sur la « mobilité », est plutôt à classer dans la seconde catégorie, de nombreux constructeurs ayant brillé par leur absence. Heureusement, Audi a relevé le niveau, en présentant un bouquet de nouveautés !

A force de « cracher » à longueur d’année sur la « bagnole », l’Etat français et la Mairie de Paris récoltent ce qu’ils ont semé : une désertion massive des plus grands constructeurs automobiles au Mondial de Paris. Ainsi, cette 120ème édition s’est caractérisée par une absence record de marques pourtant fondamentales sur le marché hexagonal, signe que le mal est profond. Que Bentley ou Jeep ne viennent pas, cela ne va pas changer la face du monde (et de notre parc automobile !), tant leurs ventes restent marginales chez nous. Mais que Ford, Fiat, Nissan, Opel ou encore Volkswagen, pour ne citer qu’eux, désertent de concert le salon, c’est qu’il y a un sacré malaise ! Pour être honnête, outre le perpétuel « bashing » anti-voiture qui fait rage chez nous, il y a aussi d’autres raisons à prendre en compte, étrangères cette fois à la politique française. Le contexte international a bien changé, avec l’éclosion entre-temps de salons d’importances dans des pays « émergeants » qui, eux, aiment la bagnole. Et qui en achètent, beaucoup, avec des croissances à 2 chiffres !

Si Audi a fait très fort en dévoilant une pléthore de nouveautés, tirons également notre chapeau à Peugeot qui a rendu un vibrant hommage à la belle 504 Coupé, en présentant le sculptural concept E-Legende. Pourvu qu’il devienne réalité !

Pour faire court, citons les salons de Shanghai, Pékin, Dubaï ou de New-York, ce qui oblige les constructeurs à « fragmenter » sur l’année leur budget… et leurs apparitions. Ainsi, à terme, il est probable que ce soit la Suisse, avec son prestigieux Salon de Genève, qui tire son épingle du jeu en Europe en absorbant les marques de luxe, avec la part de rêve qui va avec. Le Mondial de Paris, jusqu’à présent leader en terme de fréquentation avec plus d’un million de visiteurs, tente bien de faire de la résistance, mais si l’on doit la présence des dernières Lotus, Aston Martin ou Lamborghini, c’est exclusivement grâce à l’engagement des concessionnaires parisiens. Pour faire bonne figure, les organisateurs mettent en avant la « transition écologique » en mettant en place un salon d’un nouveau genre, désormais baptisé « Mondial de la Mobilité ». Cela se traduit donc par l’intégration de halls inédits dédiés exclusivement aux 2 roues, mais aussi aux dernières technologies et à tous ces engins électriques « vertueux » de « mobilité douce », genre vélos électriques, patinettes, gyropodes et autres « déplaçoirs » qui font le bonheur des électeurs d’Anne Hidalgo. Les temps sont durs : difficile de s’enthousiasmer à la vue de cette affiche…

Disette et patinette !

Pour être franc, jamais je n’ai vu un salon aussi morose et désert lors des traditionnelles « journées presse », qui se déroulaient cette année les 2 et 3 octobre. Moins de grosses cylindrées, moins de voitures « passion », moins de jolies hôtesses aussi… et forcément, moins de journalistes dans les allées. L’avantage, c’est qu’on pouvait, pour une fois, circuler sans étouffer, ni se faire marcher sur les pieds. Il y avait quand même du monde dans le hall principal chez Peugeot, et c’était mérité, le constructeur présentant son beau break 508 et son sublime concept « E-Legende », qui réinterprète à la sauce électrique la vénérable 504 coupé qui fête ses 50 ans. Et en face, chez Renault, il fallait se faire violence pour voir les concepts présentés, qui « piquaient » les yeux. Il s’agissait de gros machins électriques moches, grotesques et autonomes, une vision d’horreur qui préfigure selon la marque au losange la « mobilité de demain ». J’espère que ce « demain » soit assez loin de moi !Mais mon futur immédiat m’emmène vers d’autres halls, bien plus excitants. Cette année, on retiendra surtout l’offensive des constructeurs allemands… et leur domination.

En « petite forme », Mercedes toutefois qui n’avait, il est vrai, plus grand-chose de neuf à présenter après les très récentes Classe A, G et CLS. La marque à l’étoile a tout de même créé la surprise en dévoilant un sublime show-car (électrique), réinterprétant les flèches d’argent des années 30. Et en plus de la nouvelle Classe B, il y avait, comme chez (presque) tous les constructeurs, un véhicule électrique, l’EQC, un SUV étroitement dérivé du GLC, promettant 500 km d’autonomie… mais selon l’ancien cycle NEDC, peu réaliste. Chez Porsche, pas grand-chose à signaler, excepté un léger restylage du séduisant Macan et la commercialisation « surprise » du sublime 911 Speedster… en attendant la prochaine génération de cette sportive culte, prévue début 2019. Mais le plus impressionnant était sans doute une incroyable rétrospective dessupercars Porsche, de la 959 à la 918 Spider.
A défaut de patrimoine, là où il y avait aussi du « lourd », c’était bien chez BMW, avec la première mondiale de la meilleure ennemie de l’Audi A4 : la nouvelle Série 3. Sur la forme, elle est semblable à une Série 5 une taille en dessous, et sur le fond, elle s’est enfin convertie au numérique à l’intérieur. Citons également la dernière mouture du Z4 (concurrent du TT), mais aussi la première publique du X5 renouvelé (rival du Q5), et vous comprendrez que la marque munichoise n’était pas venue faire de la figuration. Ah, j’oubliais, je gardais le meilleur pour la fin avec la présentation de la sublime Série 8, un grand coupé de prestige face auquel Audi n’a hélas rien à opposer… contrairement à Mercedes, qui dispose d’une Classe S Coupé. Mais vous allez voir, Audi n’est pas venu les mains vides…

Audiland

En toute objectivité, il y avait la foule des grands jours chez Audi, et en arrivant sur l’immense stand, on comprenait pourquoi. En fait, malgré une très généreuse superficie, Audi souffrait « d’un problème de riche », en ayant… trop de nouveautés à présenter ! En vedette, pas moins de deux voitures… électriques. Mais pas n’importe lesquelles ! Tout d’abord, l’incroyable PB 18 e-tron, un concept ultra-sportif à la carrosserie de break de chasse, qui place le plaisir de conduite et les performances au premier rang de ses priorités (voir notre rubrique « zone rouge »). Voilà de quoi me réconcilier avec la voiture du futur, si un tel modèle voit le jour en série ! Heureusement, Audi sait prouver que le rêve peut devenir réalité, sous les traits du SUV e-tronquattro, son premier véhicule de série 100% électrique. Sur la forme, il n’y a rien à dire, avec une élégante carrosserie de grand break surélevé, à la manière d’une A6 Allroad.Contrairement à Mercedes, il n’offre que 400 km d’autonomie… mais en mode WLTP, c’est-à-dire proche de la réalité. Pas mal pour un lourd SUV de 4m90 développant l’équivalent de 408 ch. D’ailleurs, le public semble apprécier, puisque pas moins de 10 000 réservations ont été faites, validées par un acompte de 2000 € !

Mais Audi pense aussi à renouveler certains de ses best-sellers « normaux », ce qui permet au constructeur d’envisager sereinement l’année 2019 à venir. Avec la déclinaison break de l’A6 bien sûr, aussi élégante que pratique (à l’essai dès notre prochain numéro), mais surtout avec la nouvelle A1, cette seconde génération totalement repensée faisant forte impression. Son design, bien plus viril, la rend plus masculine, et sa carrosserie unique en 5 portes… plus pratique au quotidien ! Les aspects pratiques n’ont d’ailleurs jamais été aussi nombreux sur ce nouveau Q3, disposé juste à côté de la citadine Audi. Plus grand, plus statutaire, plus athlétique aussi, le Q3 « Mk2 » gagne une banquette coulissante bien pratique à l’usage, permettant de moduler l’espace à bord, qui n’a rien à envier à un Q5 ! Pour rester dans le rayon SUV, Audi nous a fait la surprise de venir avec la déclinaison sportive de son petit Q2, impossible à louper dans sa livrée « bleu » électrique et ses belles jantes de 20 pouces (19 en série). Baptisée SQ2, cette variante vitaminée abaissée de 20 mm hérite du 4 cylindres 2.0 TFSI de 300 ch de la S3. Du haut de ses 400 Nm de couple, le SQ2 promet un 0 à 100 km/h en 4,8 sec, et 250 km/h en pointe. Son prix, déjà très élevé en version « normale » devrait, lui aussi, grimper en flèche, mais ce sera ici peut être enfin justifié. Pour rester dans les SUV visant une clientèle aisée, il y avait également le nouveau Q8 en livrée bleu nuit, à découvrir dans un essai complet dans cette édition.

Il y avait de la belle « matière grise » chez Porsche, avec une brochette incroyable des 4 supercars du constructeur. On s’incline !

Des nouveautés… cachées

Faute d’avoir assez de place disponible, Audi a dû « zapper » les modèles S et RS, y compris la prochaine RS5 Sportback, pourtant déjà annoncée. Mais il y avait tout de même quelques belles ambassadrices du département Audi sport, en la présence de la Formule E, victorieuse cette saison, et surtout de la R8 LMS. La présence de ce modèle, bien que destiné à la compétition client, n’a rien d’anodine, puisque celle-ci bénéficie du restylage à venir début 2019. Cette version compétition est tellement hypertrophiée et bardée de pièces spécifiques qu’il est malgré tout difficile de percevoir les modifications à venir, mais en y regardant de plus près, on remarque les 3 petites prises d’air intégrées à la base du capot, comme sur une Sport quattro… ou la nouvelle A1. Enfin, outre l’intérieur des optiques redessinées, notons l’adoption d’une nouvelle calandre aux traits plus prononcés, pour renforcer l’agressivité de la voiture.

Outre l’avant-gardiste e-tron quattro, qui a suscité l’enthousiasme du public, l’autre star du stand Audi c’était la nouvelle petite A1, qui a tout d’une grande !

Terminons ce tour d’horizon en poussant la porte d’un lieu secret tenu à l’écart du grand public. A l’étage, réservé aux VIP, était exposé dans un espace lounge un corner « Audi exclusive », mettant en vedette la dernière A8… mais en version Limousine « L ». Un modèle ultra luxueux, allongé d’une vingtaine de centimètres au niveau de l’empattement, et limité à 4 places « pullman ». Une variante d’ores et déjà disponible, mais produite au compte-goutte ! Clairement, ce Mondial de Paris 2018 restera dans les mémoires comme une édition morose pour beaucoup de raisons, mais également comme un cru exceptionnel pour Audi, qui n’a jamais présenté autant de grosses nouveautés à la fois. Un flot de nouveautés susceptible de donner des nuits blanches à la concurrence… et qui laisse augurer quelques dizaines d’essais sur l’année 2019 !

Avus:
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