Rencontre avec Tom Kristensen

Fait rare, nous avons eu la chance d’échanger avec Tom Kristensen lors de la dernière édition du Classic Grand Tour, un événement qui se déroule une semaine avant les célèbres 24 H, qui mixe supercars et anciennes voitures d’exception. Rencontre avec « Monsieur Le Mans »…

C’est au volant d’une sublime Horch que Tom Kristensen a pris le départ du Classic Grand Tour 2018…

C’est à la demande de mon ami Philippe Pasteau, organisateur du Classic Grand Tour, que je me suis rendu début juillet à la 3ème édition de son Classic Grand Tour, un superbe événement mettant en vedette les plus belles autos, anciennes et modernes, sur le tracé historique du Grand Prix de 1906. Bien m’en a pris car, cette année, outre la présence du grand Henri Pescarolo (venu au volant de la nouvelle 911 GT2 RS !), le pilote danois Tom Kristensen s’est joint à nous durant tout le week-end. Autant dire, une occasion en or de discuter avec lui, tranquillement, dans un contexte beaucoup plus favorable que dans celui de la fureur des 24 H du Mans ! Venu en « touriste », Tom savoure sa retraite depuis 2014, et se montre très disponible pour satisfaire ses nombreux fans… dont nous faisons partie ! Particulièrement décontracté sur ce Classic Grand Tour, il a la chance, cette année, de partager le volant d’une sublime Bentley « Embiricos » de 1939 carrossée par Pourtout et, en tant qu’ambassadeur Audi, celui d’une sublime Horch 850 de la même année. Au fil de notre discussion, je découvre un Tom Kristensen réellement amoureux des vieilles automobiles, et pas forcément les plus rapides. D’ailleurs, il m’avoue posséder un antique… Combi Volkswagen, un engin qu’il trouve « trop cool » pour partir en virée avec des potes ou sa famille. Mais rapidement, les autos de course refont inévitablement surface dans la discussion.

Loin de la fureur du Mans, Tom Kristensen apprécie la quiétude de son vieux Combi VW, parfait pour les virées entre amis ou en famille.

« J’ai toujours aimé l’automobile au sens large, et plus je vieillis, et plus les autos anciennes m’intéressent. Bien sûr, de par ma carrière de pilote, j’ai eu la chance d’essayer des autos de sport mythiques. Je viens justement de terminer le tournage d’une émission sur les 24 H du Mans et, à cette occasion, j’ai ainsi pu prendre le volant de sacrées voitures historiques. J’ai d’abord piloté une monstrueuse Bentley 4,5 litres des années 20, une voiture vraiment incroyable, lourde, puissante et très physique à mener. En tant qu’ancien « Bentley Boy » (NDLR : Tom a couru le Mans en 2003 et gagné l’épreuve en LMP1 pour appuyer le retour de la marque), j’ai bien sûr un regard ému sur ce genre d’ancêtre. J’ai ensuite pu me glisser dans le baquet d’une Ferrari 166 MM du Mans 1949, une voiture déjà légère, agile et pointue, assez proche finalement du caractère des Ferrari modernes. J’ai enchaîné avec une Ford GT40, une auto rapide et fabuleuse, assez facile à prendre en mains, puis avec une Matra 650 S. Cette auto était équipée d’un V12 Matra de F1, car il n’y a plus de pièces pour les moteurs d’endurance. Mais j’ai vraiment adoré ! Le son est magnifique à l’approche de la zone rouge, et avec ce genre de sport-prototype, déjà très rapide en ligne droite, on commence à sentir l’influence de l’aérodynamique. Sinon, en tant qu’ambassadeur officiel d’Audi, qui reste ma marque de cœur tant elle m’a apporté en course et dans la vie, j’ai la chance de participer à régulièrement des exhibitions au volant d’anciens modèles. Il s’agit d’autos issues des réserves d’Audi Tradition, et je retrouve souvent lors de ces démonstrations Franck Biella et d’autres pilotes Audi, mais aussi Nick Masson, le batteur des Pink Floyd, qui a autant le sens du rythme qu’un bon coup de volant ! ». Quelque chose me dit que l’on n’a pas fini de se revoir…

Avus:
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